PALU-A : suspend Elvis Mutiri et certains de ses cadres

Le PALU et certains de ses Alliés, désormais à couteaux tirés. Dans une correspondance datée de mardi 13 août, avec copie pour information à l’Autorité morale du FCC, le Sénateur Joseph Kabila, le président du regroupement PALU et Alliés suspend à durée indéterminée de la dite plateforme trois personnalités dont Elvis Mutiri (1er vice-président), Thomas Lokondo (2ème vice-président du conseil national), et Yaceinte Lumumba (secrétaire du bureau exécutif ). L’élu de Goma et ses camarades sont privés de droits d’éligibilité aux avantages reconnus à la plateforme.
» J’ai le regret de porter à votre connaissance que vous êtes suspendus à durée indéterminée de vos fonctions au sein du Conseil national et du Bureau exécutif du Regroupement PALU et Alliés avec privation des droits d’éligibilité aux avantages revenant au regroupement « , peut-on lire dans cette corréspondance qui porte la signature de Lugi Gizenga.
Ce dernier fait état notamment de la déclaration radiotélévisée et d’une lettre au Coordonnateur du FCC dans la quelle thomas Lokondo en complicité avec ces deux camarades demandent de ne pas considérer la liste des ministrables transmise par le président du regroupement PALU et Alliés. Ce faisant, souligne Gizenga Lugi, Lokondo et sa suite remettent en cause les actions du Regroupement et brisent ainsi la loyauté envers les objectifs poursuivis par l’autorité de la plateforme.
Selon Lugi, l’élu de Mbandaka serait coutumier du fait, en dépit de multiples avertissements. Assez pour sévir. » C’est pourquoi, ayant persévéré en dépit de multiples avertissements, et rappel à l’ordre vous adressé et, ayant aussi entraîné d’autres camarades dans votre schéma égoïste, erroné et discourtois en vue de manipuler l’opinion publique et les partenaires politiques et, en vertu du barème des sanctions prévues à l’article 21, je vous suspends à durée indéterminée de vos fonctions respectives avec privation des droits d’éligibilité aux avantages revenant au regroupement prenant effet à la date de sa signature « , annonce Gizenga Lugi à Lokondo et deux de ses camarades.
Redaction
Jean-François SEBINWA, ex-candidat de PARECO-PAP aux élections législatives, apporte son soutien aux Honorables LOKONDO, MUTIRI.
Dans une correspondance datée du 13 Août 2019, le Président du regroupement PALU et Alliés, Monsieur Gizenga Lugi, vient de signifier aux Honorables LOKONDO et MUTIRI leur suspension du dit-regroupement pour une durée indéterminée. Cette suspension serait motivée par leur comportement qui porterait atteinte à la loyauté envers l’autorité du regroupement. Concrètement, les intéressés auraient contesté la liste des ministrables dressée par le PALU, laquelle liste ne comporterait que des membres de ce dernier parti.
Sans rentrer dans les détails de la procédure, on peut se demander sérieusement si la sanction ne vise pas tout simplement à limiter la liberté d’expression de la « minorité » des partis du regroupement en face du « gros » parti que serait le PALU, et de réprimer toute divergence de vue, assimilée rapidement à de la dissidence.
Le peuple congolais commence hélas à s’habituer à cette forme de dictature de la majorité, aussi bien au sein des partis qu’au parlement. Penser autrement que « le chef », ou le courant dominant, serait presque un crime de lèse-majesté. Il paraît que c’est ça la démocratie ! Pour ma part, je considère que ces deux députés n’ont eu que le tort d’avoir une vision différente de celle du Président de leur regroupement en ce qui concerne le partage des postes ministériels. Le débat aurait dû se poursuivre en interne sans qu’il y ait lieu de se lancer des anathèmes.
Cet abus de la position dominante réside, selon moi, dans la manière dont ce regroupement, comme beaucoup d’autres, s’est constitué à la veille des élections. On a cherché à marier la carpe et le lapin, c’est-à-dire un poisson et un mammifère, en occultant le fait que cette union ne peut produire aucun résultat. On a tout simplement conclu un contrat de dupes. Le « petit » cherchait désespérément à atteindre le seuil lui permettant de se présenter aux élections, pendant que le « gros » se réjouissait secrètement à l’avance de la possibilité de le cannibaliser.
Toutes choses restant égales par ailleurs, la même duperie s’observe au sein du FCC, et à l’intérieur de ce dernier, c’est le PPRD qui pourrait avaler ses satellites. La chronique politique de ces derniers mois illustre suffisamment.
Devant cette situation, il serait tentant pour les « frustrés » du FCC de chercher à faire bloc. Si j’étais concerné, c’est-à-dire à la place des Honorables Lokondo et Mutiri, je serai tenté d’opérer un rapprochement avec l’Honorable Bahati Lukwebo, l’autre grand frustré de l’absence de démocratie interne au sein du FCC. Ce rapprochement ne manquerait pas d’attirer beaucoup de partis qui s’estiment non pris suffisamment en compte lors des prises de décisions importantes. Ce mouvement donnerait naissance alors à une troisième force qui devrait s’interposer entre le CACH et ce qui resterait du FCC.
Le but serait de faire échec au plan concocté par les tenants du statu-quo ante et d’œuvrer pour le véritable changement auquel toute la population aspire. Je pense qu’une véritable consultation au sein de l’Assemblée Nationale, alliée à la liberté de vote dont dispose chaque député permettrait de dégager une majorité plus à l’image de la volonté populaire que la majorité affichée actuellement. Je serai prêt à parier que cette consultation finira par avoir lieu, d’une manière ou d’une autre.