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RDC: Le vieux démon de la division entre les politiciens, un risque pour le processus électoral de 2023.

Le processus des désignations de nouveaux membres de la CENI de la RDC semble bloqué. Plusieurs composantes devant désigner leurs membres dans la nouvelle composition de la centrale électorale s’abstiennent de désigner leurs candidats. Ils se plaignent du manque de consensus entre les parties prenantes au processus. C’est un dossier de la rédaction de larepublique.net. 

C’est d’abord les confessions religieuses qui restent  toujours divisées autour de la désignation de leurs délégués. Alors que les chefs spirituels ont indiqué avoir trouvé un consensus sur les deux noms ce vendredi 30 juillet, les informations font état de persistance des tiraillements entre eux. Pour preuve, les six confessions à l’exception des églises catholique et protestante ont déposé un procès verbal sanctionnant le vote de leurs représentants. Selon les sources proches de l’Assemblée Nationale, c’est 5 confessions religieuses qui ont paraphé ce document. L’église Armée du salut s’est abstenue de signer ce procès-verbal. 

Peu avant, c’est le procès verbal signé par les 8 chefs spirituels qui avait été déposé par le Président de la CENCO Marcel Utembi Tapa. Selon nos sources, dans ce document, les 8 confessions religieuses  ont fait savoir qu’elles ont été incapables de trouver un consensus entre elles.

De son côté Ensemble pour la République de Moïse Katumbi   refuse de désigner ses délégués à la CENI. La décision de ce parti est contenue dans un communiqué signé par son Secrétaire général Dieudonné Bolengetenge ce vendredi 30 juillet. Ensemble pour la République justifie sa position par l’absence de consensus entre les parties prenantes au processus électoral. Ce parti constate aussi qu’il semble être marginalisé au sein de la majorité de l’union sacrée. Il accuse certains membres de l’union sacrée de confisquer le processus électoral de 2023 en verrouillant la composition de la CENI.

Deux jours avant, c’est le Front commun pour le Congo qui avait refusé de déposer la liste de leurs candidats pour le compte de l’opposition. Cette plate-forme politique avait accusé le Président de l’Assemblée d’avoir décidé unilatéralement dans ce processus dans la composition de la CENI. 

LAMUKA de Martin Fayulu avait quant à lui refusé de désigner des membres de la CENI dans son camp. Il réclamait depuis plusieurs semaines la dépolitisation de la centrale électorale.

Les autres composantes de la société civile en dehors des confessions religieuses dénoncent quant à elles l’ingérence du Président de l’Assemblée nationale dans la désignation de leurs délégués dans la plénière de la CENI. Ces structures de la société civile ont indiqué avoir reçu une correspondance du patron de la chambre basse leur indiquant les organisations dans lesquelles doivent provenir leurs membres. Une vice de procédure, dénoncent ces structures citoyennes.

Selon plusieurs observateurs, cette impasse risque d’influencer la suite du processus électoral. Certains craignent que toutes ces manœuvres aboutissent au glissement du processus électoral au-delà de 2023. D’autres pensent aussi que les différentes anomalies risquent de poser de base à la fraude électorale et/ou  à la contestation des résultats issus du vote.

Robert TSONGO depuis Kinshasa.