Groupe de presse La République

Rutshuru : recrudescence des pillages sur la RN2, plus de 70 000 dollars destinés aux enseignants emportés

Une nouvelle attaque armée a été enregistrée sur la route nationale numéro 2 (RN2), sur l’axe Kiwanja–Kanyabayonga, dans le territoire de Rutshuru, ce dimanche 22 mars 2026. Selon plusieurs sources concordantes, des hommes armés non identifiés ont emporté une somme estimée à près de 70 000 dollars américains.

D’après les premières informations, cet argent constituait une enveloppe salariale destinée aux enseignants du territoire d’Idjwi, dans la province du Sud-Kivu. La somme aurait quitté le Grand-Nord, où certains chefs d’établissements scolaires perçoivent désormais les salaires de leurs agents, en raison notamment de la fermeture de plusieurs institutions bancaires dans certaines zones sous occupation de l’AFC/M23.

L’attaque s’est produite dans les environs de Rwindi, près de l’ancienne station des écogardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), en pleine matinée.
Le même jour, un autre braquage a été signalé à Busendo, dans un endroit communément appelé « Ka abula », situé en plein parc national des Virunga. Ces incidents illustrent une dégradation persistante de la situation sécuritaire sur cet axe stratégique.
La RN2, notamment sur le tronçon Kiwanja–Kanyabayonga, ainsi que sur les segments Vitshumbi–17 km et Rwindi–Kibirizi, est devenue le théâtre quasi quotidien d’actes de banditisme. Les usagers dénoncent des embuscades répétées et des pillages systématiques, qui rendent la circulation de plus en plus périlleuse.

À ce stade, les auteurs de ces attaques restent non identifiés, et aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités compétentes.

Face à cette recrudescence de l’insécurité, une question majeure se pose : comment une somme aussi importante peut-elle être transportée sur un axe réputé dangereux sans dispositif sécuritaire renforcé ?

Cette situation soulève également des inquiétudes au sein de l’opinion publique. Certains s’interrogent sur les conditions d’organisation de ces opérations financières dans un contexte aussi volatile. S’agit-il d’un simple manque de précaution ou d’une faille plus profonde dans le système de sécurisation des fonds publics ?

Sans preuves tangibles, l’hypothèse d’un éventuel complot reste difficile à établir. Toutefois, ces incidents répétés mettent en lumière l’urgence pour les autorités de renforcer les mesures de sécurisation, notamment pour les convois transportant des fonds destinés à des services essentiels comme l’éducation.

En attendant, les usagers continuent de traverser cet axe dans la peur, appelant à des actions concrètes pour restaurer la sécurité sur cette route vitale.

     Marasi Bénédicte Zoé

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