La Direction Générale de Migration (DGM) a annoncé l’instauration d’un jeton spécial de circulation transfrontalière, effectif dès ce lundi 23 mars 2026 au poste frontalier de la Petite Barrière, entre Goma et Gisenyi. Ce document, fixé à 3 000 francs congolais, offre une validité de 72 heures, contre 24 heures auparavant.
Selon la DGM du Nord-Kivu, cette mesure vise à « faciliter la circulation transfrontalière tout en assurant un meilleur contrôle des mouvements migratoires ». Elle intervient dans un contexte où la mobilité quotidienne entre les deux villes est essentielle à la survie économique de milliers de ménages.
Un souffle pour le petit commerce transfrontalier
Chaque jour, la Petite Barrière voit passer une importante population de petits commerçants, vendeuses de denrées alimentaires, transporteurs ou encore travailleurs journaliers. Pour ces acteurs de l’économie informelle, la limitation à 24 heures bien que gratuite sur présentation de la carte d’électeur constituait souvent un obstacle, notamment en cas de fermeture de la frontière à 18 heures.
Avec un jeton valable trois jours, les usagers disposent désormais d’un délai plus souple pour organiser leurs activités commerciales, écouler leurs marchandises ou s’approvisionner sans pression immédiate de retour. Cette flexibilité devrait réduire les pertes financières liées aux retards ou aux imprévus, tout en favorisant la continuité des échanges entre les deux pays voisins.
Sur le terrain, plusieurs commerçantes saluent cette décision qu’elles jugent adaptée à leurs réalités. Certaines affirment que ce nouveau système leur permettra de traverser plus facilement la frontière, même en l’absence d’autres documents de voyage comme le laissez-passer ou les documents de la CEPGL.
« Parfois, on est obligé de rester à Gisenyi ou à Goma faute de temps ou de documents. Avec ces 72 heures, on pourra mieux s’organiser », confie une vendeuse de tomates rencontrée ce lundi matin près du poste frontalier.
Dans une région où l’économie transfrontalière constitue un pilier du quotidien, cette réforme apparaît comme une réponse concrète aux défis vécus par les populations. Reste à voir comment elle sera appliquée sur le terrain et si elle contribuera durablement à améliorer les conditions de vie des usagers de la Petite Barrière.
Marasi Bénédicte Zoé