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Beni : un premier centre de déradicalisation pour ex-otages ADF ouvre la voie à la paix communautaire

La ville de Beni franchit une étape importante dans la recherche de la paix et de la cohésion sociale avec l’implantation du tout premier centre de déradicalisation et de prise en charge psychosociale des ex-otages des ADF-MTM en République démocratique du Congo.

Inaugurée le 11 mars dernier au quartier Masiani, en commune de Mulekera, cette infrastructure vise à faciliter la réintégration communautaire des anciens captifs tout en renforçant la cohabitation pacifique avec les familles d’accueil.

Construit dans la cellule Kuka, ce centre est né à la suite des recommandations formulées par les forces vives locales lors du forum provincial sur la paix organisé en février dernier à Beni. Les acteurs communautaires avaient alors insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre capable d’accompagner psychologiquement les victimes des groupes armés et de prévenir toute forme de radicalisation.

Pour Maître Pépin Kavotha, président de la coordination urbaine de la société civile de Beni, cette initiative constitue une réponse concrète aux défis sécuritaires auxquels la région reste confrontée.

« Ce centre va faciliter les échanges entre les autorités, les services de sécurité et les ex-otages ou rendus à travers l’initiative de défection afin d’aboutir à la sécurité. C’est vraiment une solution à un besoin ressenti », explique-t-il.

De son côté, Fidèle Baliamu, membre de l’organisation Ubuntu Panafrica, structure initiatrice du projet, souligne que le centre ne se limite pas uniquement à la déradicalisation des anciens otages. Selon lui, il servira également de cadre d’échanges et de réflexion pour les jeunes et les acteurs communautaires engagés dans la consolidation de la paix.

« C’est vrai que nous insistons sur la déradicalisation, mais ce centre va aussi servir comme espace des jeunes pour discuter des problèmes de sécurité, développer l’esprit critique et promouvoir la cohésion sociale. Bref, c’est un centre de réflexion, de recherche et d’élévation des consciences. Les jeunes pourront s’y réunir pour débattre notamment des questions liées à la sécurité ou encore au mariage civilo-militaire », précise-t-il.

Au-delà de sa mission sociale et sécuritaire, le centre apporte également une réponse à certains besoins communautaires. Des fontaines d’eau ont été aménagées autour de l’infrastructure afin d’approvisionner la population locale en eau potable, réduisant ainsi les tensions souvent provoquées par la pénurie dans plusieurs quartiers de la ville.

Dans une région longtemps marquée par les violences des groupes armés, ce centre apparaît aujourd’hui comme un symbole d’espoir pour de nombreuses familles. Les acteurs locaux espèrent qu’il contribuera non seulement à la réinsertion des ex-otages, mais aussi à la reconstruction progressive du tissu social dans la région de Beni.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Un projet exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération, DDC Suisse.

A travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, passant de simples observateurs ou rapporteurs à des véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.

KIZA RAPHAËLLA

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