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Covid-19 : 70 % de petits commerçants dont les handicapés n’exercent plus leurs activités transfrontalières à Goma (Nord-Kivu)


Selon l’Association des petits commerçants transfrontaliers (ACT) de Goma sur prés de 7000 membres, seuls 1500 ou 2000 continuent leurs activités actuellement. Une activité exercée principalement par les femmes pour nourrir leurs familles. Les handicapés physiques, petits commerçants transfrontaliers ou transporteurs sont les plus touchés.


Les chiffres font froid au dos mais passent sous silence. Les conséquences de la pandémie COVID 19 sur les activités des petits commerçants transfrontaliers (PCT) qui commercent entre les villes de Goma (RDC) et de Gisenyi (RDC) par la frontière de la petite Barriere de Goma sont énormes. Selon l’Association des petits commerçants transfrontaliers (ACT) de Goma sur prés de 7000 membres, seuls 1500 ou 2000 continuent leurs activités actuellement. Une activité exercée principalement par les femmes pour nourrir leurs familles. Les handicapés physiques, petits commerçants transfrontaliers ou transporteurs sont les plus touchés.


Depuis le 22 mars 2020 a fermé ses frontières avec la RDC pour diminuer le risque de propagation de la pandémie du COVID19. La RDC a fait par réciprocité. Des perturbations sont enregistrées au niveau l’exercice du petit commerce transfrontalier. Après une négociation, les migrations de ces pays ont trouvé une stratégie pour assurer la continuité du petit commerce transfrontalier. Le système de groupage : Le principe des achats groupés consiste à effectuer une mise ensemble des marchandises de la même type (catégorie) à partir du Rwanda, de l’Ouganda ou de la RD Congo et de les faire traverser la frontière au moyen des transporteurs à l’aide des motos ou camionnettes. Cette approche limite la circulation des personnes au strict minimum c’est-à-dire seul le chauffeur convoie la marchandise et ramène l’argent au fournisseur. Mais tout le monde n y gagne pas.

Pertes économiques énormes

Les grands commerçants de deux cotés profitent de la faiblesse financière des ACT pour entrer dans le jeu et s’ériger en intermédiaires grossistes. “Difficile pour une petite commerçante d’acheter seule un sac de tomates à 35 $ alors qu’elle n’a qu’un capital de 10 ou 15 $. Avant, elle pouvait seule traverser et avoir la quantité correspondante à son argent sur le marché rwandais. Certaines arrivent à se mettre à deux ou trois pour avoir un sac” Brigitte Kisuba , la présidente de l’ACT Goma.

Ayant pour la plupart un petit capital, dépassant difficilement 20$, certains l’ont consommé presque dans les premiers jours de chômage forcé. Ils sont habitués à vivre au jour le jour en faisant ce petit commerce. Ceux qui exportaient des produits comme le Sorgho ou l’huile de palme à Gisenyi ne peuvent plus le faire. Les contrôles ont devenues plus drastiques et ne peuvent pas avoir des grandes quantités pour louer un véhicule faute de capital élevé. “Un seul jour d’inactivité est déjà un coup dur sur le capital. Certaines petites commerçantes traversaient 2 à 4 fois jour pour gagner quelque chose. Les femmes commerçantes des marchés s’en sortent un peu avec le système d’achat groupé mis en place entre les deux pays mais celles qui vendaient dans les quartiers” explique Brigitte Kisuba , la présidente de l’ACT Goma. D’autres pertes sont liées à l’avarie des produits livrés par leurs collègues des coopératives rwandaises. Difficile de les retourner. Ceux qui ont la marchandise imposent les prix et les fluctuations du taux de dollar sur le marché ne font qu’aggraver la situation.

Le calvaire des transporteurs handicapés

Dans le cadre du petit commerce transfrontalier, les handicapés physiques, sont soit petits commerçants transfrontaliers soit transporteurs. Ici également, on trouve de nombreuses femmes handicapées qui assurent ce service. Ils vivent grâce au transport des marchandises fragmentées pour le compte des commerçants. Ils utilisent leur chaise roulante pour transporter les marchandises des commerçants dont elles fragmentent le volume pour les faire passer la frontière en leurs noms à moindre coûts en vertu de certaines dispositions douanières qui leur sont favorables.


“Mais depuis la fermeture des frontières, seuls les camionnettes ou véhicules sont autorisés à transporter les marchandises. Nos membres n’ont plus rien. Ils vivotent. La frontière était leur seul moyen de survie”
rapporte un membre de l’Association des petits commerçants et transporteurs vivant avec handicapés (AHPT).


La Rédaction