RDC : Quid sur les avantages de l’accord international sur le Cacao | Tribune de Julien Paluku Kahongya
Promulguée le 13 juillet 2026 par le Chef de l’État Félix Tshisekedi, la loi portant ratification de l’Accord International sur le Cacao par la RDC marque un tournant pour la filière. Présentée et défendue au Parlement par le Ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya, elle vise à protéger les producteurs et à rendre le cacao congolais plus compétitif sur le marché mondial. Dans une tribune publiée dimanche 19 juillet, le ministre détaille 12 impacts concrets de cet accord, répartis en quatre piliers majeurs.
1. Fixation des prix, revenu vital garanti et lutte contre l’exploitation
L’Accord International sur le Cacao impose des mécanismes de fixation des prix qui intègrent le coût de la vie décente du paysan. L’objectif est de protéger les agriculteurs contre les prix de misère dictés par les intermédiaires. Grâce à la vulgarisation des prix de référence à l’international, la nouvelle loi dote les producteurs congolais d’un véritable pouvoir de négociation face aux acheteurs véreux.
Pour valoriser le Cacao Bio et Aromatisé, le texte ouvre également la voie aux circuits de commerce équitable qui versent directement des primes de qualité ou un surplus aux coopératives locales.
2. Financement, structuration et appui technique à la culture cacaoyère
En signant l’accord, la RDC accède aux fonds de développement internationaux. Ces ressources permettront de préfinancer les coopératives avant la récolte, afin d’éviter que les paysans ne bradent leur production faute de liquidités.
Le pilier prévoit aussi une modernisation technique : installation de centres de séchage et de fermentation, et accompagnement au regroupement des agriculteurs au sein de coopératives solides.

3. Souveraineté, traçabilité et certification du cacao congolais
Face aux exigences de l’Union Européenne sur la déforestation, l’accord prévoit un appui technique pour une certification gratuite du cacao congolais. L’enjeu : sécuriser son accès au marché européen. Il met aussi fin à la dépendance aux certificateurs étrangers. Des Congolais seront désormais formés pour certifier leur propre cacao. Avec la traçabilité numérique, le cacao congolais ne sera plus mélangé frauduleusement pour gonfler les statistiques des pays voisins.
4. Désenclavement, logistique et sécurité
L’accord ratifié soutient la construction d’entrepôts climatisés et de silos de stockage dans les grands centres afin de conserver les fèves en parfait état en attendant leur évacuation. Il encourage en priorité la réhabilitation des axes routiers reliant les bassins de production de l’Est aux ports de sortie. Sur le volet sécuritaire, une unité mixte Police-Douane-Armée sera déployée pour sécuriser les pistes et plantations congolaises contre les groupes armés et les coupeurs de route.
Selon le Ministre Julien Paluku Kahongya, il s’agit « d’un bouclier et d’un accélérateur économique direct pour les vaillants planteurs du cacao congolais ».
Adoptée par les sénateurs et les députés nationaux, la loi attend désormais sa mise en œuvre sur le terrain pour transformer durablement les conditions de vie des producteurs.
Asaph LITIMIRE