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RDC-Ouganda : six signatures, une révolution — de la fin des visas au pétrole du Graben Albertin, Kinshasa et Kampala redessinent l’Afrique centrale

C’est un coup de tonnerre diplomatique qui vient de secouer les Grands Lacs pourquoi toute l’Afrique centrale. Lundi 11 mai à la State House d’Entebbe (Ouganda), Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni ont enterré des décennies de méfiance pour signer ce que les observateurs qualifient déjà d’« alliance du siècle ».

Plus qu’un simple rapprochement, les deux chefs d’État ont acté une refondation totale des relations entre la RDC et l’Ouganda. Six protocoles d’accord bilatéraux ont été signés.

Le symbole le plus fort : la fin annoncée des frais de visas. En plaçant le citoyen au centre du jeu, Kinshasa et Kampala font sauter un verrou historique à la mobilité et au commerce. Cinq autres protocoles musclent l’arsenal économique : promotion du commerce bilatéral, projets routiers, interconnexion postale et télécoms, mais surtout l’exploitation commune du pétrole du Graben Albertin. De quoi connecter l’Afrique centrale comme jamais.

Sur le plan sécuritaire, le message est sans équivoque. Les deux armées ont réaffirmé l’intensification de l’opération « Shujaa » à l’Est de la RDC. Objectif affiché : l’éradication totale des groupes armés. Pour Museveni et Tshisekedi, pas de prospérité partagée sans une paix imposée par une coordination militaire sans faille.

Fini les sommets sans lendemain. Chaque ministre congolais est désormais comptable de son secteur. Une évaluation couperet est annoncée dans quatre mois. Les engagements devront se traduire sur le terrain, ou des têtes tomberont. C’est la « diplomatie de résultats » version Tshisekedi.

Au-delà des accords, c’est un nouveau paradigme qui naît. Kinshasa et Kampala veulent imposer une diplomatie de proximité fondée sur la confiance mutuelle. L’enjeu est clair : dessiner ensemble la carte d’une Afrique centrale et orientale forte, connectée et maîtresse de ses ressources.

Après des années de tension et de guerres par procuration, le sommet d’Entebbe sonne comme l’aube d’une ère nouvelle. Reste à transformer la poignée de main en kilomètres de routes, en barils de pétrole partagés et en sécurité retrouvée. Le compte à rebours de quatre mois est lancé.

Asaph LITIMIRE

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