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RDC : Deux fausses notes dans la diplomatie congolaise

Après le raté du Conseil de sécurité des Nations Unies, le » report » du voyage du Roi Philippe II à Kinshasa.
Dans un communiqué daté d’hier mardi 8 juin, le Cabinet du président de la République annonce, à la surprise générale, le report du voyage du Roi Philippe II de Belgique à Kinshasa dans le cadre des célébrations des 61 ans d’indépendance. Ce voyage a été reporté » de commun accord en raison des circonstances sanitaires tant en RDC qu’en Belgique « , indique le Cabinet du Président.

Le hic, ce n’est pas la première fausse note. La Présidence de la république a décidé, il y a peu, de retirer la candidature de la RDC pour occuper le siège de membre non permanent au Conseil de sécurité. Kinshasa était en lice avec Libreville dont la candidature était soutenue par l’Union africaine. Le siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU est réservé à l’Afrique centrale à partir de 2022.
Lors du dernier Conseil exécutif de l’UA, présidé par Félix Tshisekedi, du 3 au 4 février 2021 à Addis-Abeba, le Gabon avait été désigné pour être au conseil de sécurité, tandis que le Ghana avait été retenu pour le siège réservé à l’Afrique de l’Ouest, comme en témoigne le rapport du comité ministériel. En dépit d’un consensus au niveau de l’Union africaine, la RDC avait quand même annoncé qu’elle serait candidate. Elle a dû rétropédaler par la suite.
Voilà qu’une autre fausse note perturbe quelque peu la musique diplomatique congolaise. Il s’agit du report du voyage de Philippe II à Kinshasa… pour des raisons sanitaires. Question : Pourquoi avoir annoncé, urbi et orbi, l’arrivée du souverain des Belges alors qu’on ne disposait pas de suffisamment de garantie quant à son agenda ? La crise sanitaire liée au Covid-19 n’étant pas quelque chose de nouveau.
Ce faux pas diplomatique n’est pas sans rappeler le mini-sommet de Goma d’octobre 2020. Une réunion annoncée avec grand battage médiatique avant d’avoir eu la garantie que tous les chefs d’Etat de la sous-région invités seraient là. La suite, on la connait. Les présidents burundais et ougandais avaient décliné l’offre de manière tout aussi diplomatique. Résultat, le sommet ne s’est pas tenu dans son format initial. De présentiel, il s’est mué en distantiel, via la visioconférence.
On ne le répètera jamais assez, la diplomatie rime rarement avec effet d’annonces. On est dans un secteur très sensible, où savoir ménager les susceptibilités des uns et composer avec les agendas des autres passes pour une règle d’or.
Didier KEBONGO, Forum des AS