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Nord-Kivu-Musique : De l’éveil de conscience à la dépravation des mœurs (éditoriale)

Vue aerienne du bord du lac kivu à Goma, photo tiers

“La musique est l’art de combiner le son d’une manière agréable à l’oreille”. Cette définition, nous l’avons appris depuis nos débuts à l’école. Cette compréhension est et reste d’actualité jusqu’à nos jours, surtout que la musique est une science pure et vrai. Depuis l’époque antique, la musique a accompagné les sociétés et les moeurs jusqu’à donner une peinture réelle d’un peuple savante.

La musique a et reste le moyen de communication et d’identité culture de nos civilisations et royaumes.

La musique a également participer à la vie d’un peuple par son éveille culturelle et politique.
Au Congo, par exemple, c’est grâce à la musique que le peuple a immortalisé l’avènement de l’indépendance et le réveille d’un peuple, longtemps, dominé et martyrisé par le tyran colonisateur.

La Musique à la solde des politiciens

Au Congo, toujours, la musique a joué un rôle crucial dans l’expension d’un pouvoir autoritaire et de culte de personnalité. C’est ainsi qu’on pouvait suivre un grand Lwambo Makiadi user de son génie pour arranger le son d’une manière agréable à l’honneur d’un dictateur…Comme si cela ne suffisait pas, plusieurs années, plus tard, des musiciens de renoms se sont laissés piègés par des billets verts, pour chanter la gloire des politiques, pour ainsi corrompre le choix d’un peuple meurtri.

Viendra alors une autre vague de la nouvelle génération des chanteurs, qui, dans leurs répertoires, on pouvait sentir la revendication d’un éveil de conscience collective pour un changement. La plupart d’eux, n’ayant pas vécu la période dictatoriale, ont, malheureusement, enduré, les 20ans d’une guerres complexe et aux multiples complicités internes et externes. Ils sont un milieux de chansons composées et enregistrer pour prêcher la cohabitation pacifique, le patriotisme, la lutte contre les violences, etc.

Les artistes et l’histoire du Nord-Kivu

De Mack El Sambo à Melissa Kareke, passant par Mayaya Santa, Mista Poa, JC Kibombo, Robert King, Magloire Paluku, Fabrice Mupfiritsa, Peace Boys, Maisha Soul, Aganze 1er etc, un message de paix et de réconciliation était prêché et chanté à travers les quatres coins de la province du Nord-Kivu Kivu et une grande partie de l’Est de la RDC.

Ainsi,par ce répertoire diversifié, on pouvait être satisfait du contenu des chansons bien arrangée et écrites, loin de “Mabanga” et “bolingo” de tout le jour. Ceci pour dire la musique reflète bien le vécu et les réalités d’un peuple ou d’une nation.

Malheureusement, nous sommes loin de suivre cette lancée, où, on peut facilement écouté un texte bien réfléchi et renfermant une philosophie pour l’éveil d’un peuple pour son bien être. Les “chanteurs” , quelques uns, pour être précis, se laisse aveuglé par l’orat que leurs procurent les succès, pour s’attaquer, nommément à des personnalités, à travers leurs compositions, sur fond des polémiques et injures. A cela s’ajoute la pollution des studios d’enregistrement des chansons qui rend à moindre coût voir de fois gratuit(promotion) des albums des artistes nord-kivuciens qui ne fournissent plus d’énormes efforts dans la composition de leurs textes, ce qui poussent les uns à s’improviser dans le studio, respectant juste les notes mais le texte laisse à désiré.

Faire un break pour une évaluation

Faut-il user de son savoir faire et de sa capacité à bien arranger les mots pour vilipender un homme, dans le but de lui rappeler à bien faire son travail ? La musique devient-elle un moyen de règlement de compte entre tierses personnes ? Avons-nous oublié notre rôle de leader d’opinion et de miroir de la société pour s’adonner à des querelles inutiles?

Loin de là, la musique, le chant, le son agréable à l’oreille. Retournons à l’école de la sagesse et de l’art pour nous ressourcer et revenir nous même, ces créateurs, ces poètes , ces faiseurs d’opinion et ces philosophes instructeurs des sociétés.

Faisons de notre slow,notre soul, notre rap, notre rumba, notre folk, un moyen de construction d’une société éveillée et consciente pour l’émergence d’un Congo plus beau qu’avant, loin de calomnie et d’injure.
Oui, cela est possible, parce que nous croyons au génie des ces hommes et femmes bourrés de talent aux imaginations incommensurables.

Valéry Mukosasenge