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Insécurité dans le grand Katanga, un prélude d’une grande crise en gestation

L’insécurité dans le grand Katanga depuis maintenant une année, risque de provoquer une grande crise au pays dans les jours suivants. Cette alerte a été faite ce vendredi 31 juillet à Kinshasa par sept organisations de défense des droits de l’homme et deux mouvements citoyens dans un communiqué conjoint. Ces organisations appellent les partis politiques de cesser d’attiser les tensions tribales pour des fins politiques. 

Ces organisations dont l’ACAJ, l’ASADHO et la VSV disent suivre « avec attention la dégradation de la situation sécuritaire dans les provinces du Haut-Katanga, Tanganyika, Lualaba, Haut-Lomami et ses impacts sur la réalisation des droits et libertés garantis par la constitution congolaise ». Elles notent que « c’est depuis plus d’une année que la situation sécuritaire dans ces provinces ne fait que se détériorer comme celle à l’Est du pays.

Selon ces ONGDH, cette insécurité a entrainé des innombrables victimes consécutives aux massacres récurrents et autres attaques des populations civiles.  Cela notamment à Lubumbashi et à Kolwezi, où le cambriolage des maisons est devenu monnaie courante. Les auteurs de cette insécurité « opèrent en toute quiétude causant parfois morts d’homme, viols et extorsions des biens, dans une impuissance parfaite des autorités politico-administratives ainsi que celles policières » dénoncent ces organisations de la société civile.

Autre fait caractérisant l’insécurité dans le Grand Katanga est l’intolérance politique, constatent ces structures citoyennes. A en croire ce communiqué, cette intolérance se remarque par la répression des manifestations pacifiques organisées dans ces provinces. Une répression qui a pour stratégie de tuer des manifestants.

Ces ONGDH accusent le gouvernement provincial de Lualaba de « recruter plusieurs groupes des sportifs, des jeunes désœuvrés et enfants de la rue à Kolwezi pour infiltrer les manifestations prévues par l’UDPS, UNAFEC et LAMUKA. Ce communiqué indique le gouvernement provincial de Lualaba faisaient croire aux jeunes recrutés que ces marches étaient organisées par des non-originaires qui désiraient prendre le contrôle de la ville.

Les structures signataires de ce communiqué, font état d’une rébellion en gestation dans les provinces du Grand Katanga. Selon elles, cette rébellion serait entretenue par des dignitaires de l’ancien régime. « Ceux-ci se prépareraient à assassiner certains hauts officiers de l’armée et de la police proche de certains généraux originaires des provinces du Grand Katanga en vue de provoquer un mécontentement populaire généralisé pour justifier le lancement d’un mouvement de rébellion armée ».

Les organisations signataires s’inquiètent de plusieurs facteurs pouvant impacter négativement sur la situation sécuritaire de la zone. C’est notamment les recherches infructueuses pour la traque de l’ancien seigneur de guerre Gédéon KYUNGU MUTANGA ainsi que la lenteur de la justice militaire dans le traitement du dossier lié à l’assassinat des militants indépendantistes de Gédéon en date du 23 février 2020.

Les organisations signataires regrettent la montée des discours et messages tribaux relayés sur les réseaux sociaux par des personnalités bien connues et identifiées sans que la justice et les autorités n’interviennent pour y mettre un terme.

Par ailleurs, l’attitude de certains militants de l’UDPS, spécialement ceux de la base dite bilanga de Kasumbalesa, qui percevraient des taxes illégales à la traversé des marchandises ou qui obligeraient les passants à s’arrêter lorsque le drapeau du parti est hissé et son hymne chanté, contribue à exacerber les tensions inter communautaires.

Ces organisations demandent au gouvernement central de se pencher sur cette question du Grand Katanga avant que la situation ne se dégrade. Elles appellent aussi des partis politiques de cesser d’attiser les tensions tribales pour des fins politiques.

Robert TSONGO depuis Kinshasa