À Goma, malgré les lois qui punissent l’exploitation sexuelle, de nombreuses jeunes femmes travaillant dans des bars, restaurants, hôtels ou commerces continuent d’en être victimes.
Derrière les comptoirs et les uniformes de service, certains vivent sous pression, subissent des abus et ressentent un profond sentiment d’impuissance.
Dans un contexte de chômage élevé en République démocratique du Congo, plusieurs jeunes filles choisissent des emplois précaires comme serveuses, réceptionnistes,caissières ou vendeuses.
Faute de protections et de contrats clairs, elles s’exposent à des formes d’exploitation sexuelle, parfois infligées par leurs propres employeurs. Pour la journée de lutte contre l’exploitation sexuelle, des dizaines de jeunes femmes ont confié, souvent sous anonymat, avoir été forcées d’accepter des relations sexuelles pour garder leur emploi. Pour certaines, la pression vient directement des supérieurs.
Pour d’autres, elle provient de clients réguliers ou de proches des employeurs. « On nous fait comprendre que notre travail dépend de notre capacité à satisfaire les clients, même au-delà du service », explique une serveuse rencontrée dans un bar du centre-ville. Craignant de perdre leur unique source de revenus, plusieurs admettent avoir cédé aux avances de leurs agresseurs.
Certaines témoignent que des employeurs exigent des relations sexuelles comme condition d’embauche. D’autres demandent aux jeunes femmes de s’assurer que les clients quittent les établissements « totalement satisfaits », franchissant ainsi les limites du service professionnel. Cette situation expose ces travailleuses à de nombreux risques, notamment des violences, des maladies et une grande détresse psychologique.
Cette réalité reste largement invisibiliser, en raison de la peur des représailles et du silence engendré par la précarité économique. Pourtant, les organisations de défense des droits des femmes alertent depuis plusieurs années sur l’ampleur du phénomène. Il y a quelques semaines, l’autorité urbaine de Goma a discuté de cette question lors d’une réunion avec les responsables de supermarchés, de bars et de boîtes de nuit. Un rappel a été fait, soulignant que les employeurs ont l’obligation de respecter la dignité et la sécurité de leurs employés.
Cependant, au-delà des déclarations, la question demeure : quelles mesures concrètes sont mises en place pour protéger ces travailleuses ? Plusieurs observateurs pensent qu’une solution durable nécessite un renforcement des inspections du travail, des sanctions réelles contre les abuseurs et des mécanismes de plainte sûre pour les victimes. La question des salaires est également cruciale.
Selon plusieurs témoignages, les salaires mensuels dans ces établissements varient entre 20 et 100 dollars, un revenu souvent insuffisant pour couvrir les besoins essentiels.Cette précarité économique favorise les abus et le chantage.
Dans une ville dynamique comme Goma, où le secteur des services continue de croître, la protection des travailleuses devrait être une priorité. Derrière chaque uniforme de serveuse ou de vendeuse se trouve une jeune femme qui cherche simplement à gagner dignement sa vie sans avoir à sacrifier son corps pour conserver son emploi.
Marasi Bénédicte Zoé
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