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Festival Amani : Un Business pour la paix

«  La 7eme édition du Festival Amani prévue à Goma au Nord-Kivu (Rdc) du 14 au 16 février 2020 est au centre aujourd’hui d’une controverse. Des réactions visant à rejeter cette fête culturelle fusent de partout ; certains mouvement citoyens, cadres politiques montent au créneau et disent non a ce qu’ils qualifient ‘‘d’Enrichissement illicite” de la part des organisateurs. Si pour les uns, ce festival qui existe depuis 7 ans est un business pour les organisateurs contrairement aux objectifs de ce festival, les autres pensent que cet événement culturel devrait être délocalisé de Goma pour la ville de Beni afin de compatir à ce peuple de cette zone longtemps meurtrie ». Extrait tiré de https://linterview.cd/rdc-controverse-autour-de-la-tenue-du-festival-amani-a-goma/

Est-ce du vrai Business ? Le Festival Amani, est-il une activité de paix ? Peut-on le pérenniser ?

Asaph LITIMIRE est journaliste, rédacteur en Chef de la Républiqye.net, il répond à ces questions, en rencontrant ce qu’il a vécu au Festival AMANI de 2017.

Je vis loin de la ville de Goma. Mais  en 2017, j’ai participé pour la première aux différentes activités du Festival Amani, d’abord comme reporter d’une radio de la ville, et ensuite le dimanche j’ai décidé de passer un weekend agrémenté du Festival Amani avec ma fiancée qui est aujourd’hui mon épouse. Cette année là, le Festival Amani a ouvert ses portes avec un page noire de la perte d’un volontaire Djo Paluku, assassiné lâchement dans les enceintes du Festival. J’avais écrit un article sur mon petit blog sur sa mort et j’avais décidé d’aller poser ma signature pour que justice soit faite à Djo. A lire cet article sur ce lien :

https://kivuamkeni.blogspot.com/2017/02/page-noire-la-4eme-edition-du-festival.html

Comme dans une relation de couple les disputes ne manquent jamais, la veille du dernier jour du Festival Amani 2017, nous nous sommes disputé un peu avec ma fiancée. Mais pour régler ça à l’amiable, je l’avais proposé de passer un Dimanche 12 Février au Festival Amani, accompagné de mon frère ainé. Nous avons le temps d’échanger en prenant quelques bières  sur les divergences qui nous opposées et ensuite le groupe Kenyan Sauti Sol est venu nous déstressé dans la soirée. Tout s’est passé dans le bon, le sourire aux lèvres, quelques shoots, nous avons admiré l’art, le talent des artistes de chez nous, des rencontres avec les amis, les chuchotes et d’autres surprises à l’actif de notre weekend du 12 Février 2017.

Est-ce du vrai Business ?

Je qualifie un peu du Festival Amani comme « une boite de nuit ». Ceux qui fréquentent des boîtes de nuit savent qu’on ne compte pas l’argent gaspillé. Et pourtant dans une boîte de nuit, le prix de consommation prend un ascenseur que dans des bistros et d’autres espaces de vente des boissons. Si vous voulez appréciez la boîte de nuit, il faut y aller quand vous êtes stressé ! Bien que vous n’allez pas danser, vous allez apprécier l’ambiance qui y règne, regardez tout ce monde qui bouge, qui danse, qui boive et pourtant dehors les voleurs en main armée sont e train d’opérer dans un quartier proche de la boite.  A l’intérieur de la boîte, vous finissez par être déstressé sans se rappeler que demain vous allez voir ou écouter les nouvelles de cambriolage, des meurtres etc à la radio tout comme à a télé.

C’est vrai le Festival Amani a un peu du business est à observer avec tous les partenaires nationaux et internationaux qui se mobilisent pour rendre effective cette messe culturelle. Mais à l’intérieur de ce business, il y’a l’image de la paix qu’on doit capitaliser. Ce drapeau de la promotion des artistes de la sous-région qui doit flotter au jour le jour.  Certes, « à travers le festival Amani, les artistes locaux ont la chance de rencontrer les grandes icones de la musique internationale pour un moment d’échange d’expérience et d’apprentissage » comme ont fait remarquer les organisateurs de cette 7e édition.  

Et donc pour une bonne cause de la promotion de l’entreprenariat, l’Art (Culture), des échanges mutuels entre les jeunes de la sous-région voir la région des Grands-Lacs, nous acceptons de donner notre contribution de moins d’un euro le jour comme contribution au Festival Amani.

Le Festival Amani, est-il une activité de paix ?

Le Festival Amani réuni chaque année des milliers des festivaliers de tous les horizons.  La musique, la danse, l’exposition des œuvres d’art, la promotion de l’entreprenariat, voilà la diversité qui pleut aux festivaliers. Les organisateurs du festival se félicitent de la réussite de cet évènement, qui, selon eux, contribue aux efforts de construction de la paix dans cette région. Mais oui, dans une région post-conflit, comme celle des Grands Lac, et où la moyenne des jeunes présents dans ce festival n’a connu que des moments assez traumatiques, ces genres d’activités qui rassemblent des milliers de jeunes encouragent aussi « l’acceptation mutuelle et le vivre ensemble ». Ces événements culturels qui ne sont pas à la cheville de certains concerts de 100 dollars l’entrée, offre une occasion de pouvoir renforcer les liens entre les gens et de pouvoir contribuer à la gestion des traumatismes que les jeunes ont vécus.

Peut-on le pérenniser ?

Le 12 Février 2017, nous sommes dans un stand du Festival. A côté, d’autres festivaliers discutaient sur l’intérêt d’organiser cette activité deux fois l’an et voire même amener le prix à près de 5 euros. Quelques années après, l’artiste musicien Gomatracien Belamy Paluku avait dit dans une interview qu’il m’avait accordée à Butembo, près de 270 Km de la ville de Goma, qu’il fallait revoir l’organisation du Festival Amani surtout quitté près d’un euro à deux afin de faciliter l’encadrement des artistes.

Je pense qu’on ne peut pas gâcher le bonheur des milliers de jeunes qui une seule fois l’an, trouve l’occasion d’exprimer leurs joies à travers le Festival Amani. Une fois l’an, ils regardent, dansent et écoutent en live des artistes nationaux et internationaux. Aujourd’hui, tout est business, moins les activités commerciales, on a tendance à conclure que même les églises font du Business. Est-ce faudra-t-il aussi organiser des actions citoyennes contre ces églises qui se transforment aux établissements commerciaux en imposant la dîme aux pauvres chrétiens?

Asaph LITIMIRE