Nord-Kivu : Dialogue national inclusif, faut-il inviter les rebelles, dont le M23 ? La jeunesse de Lubero reste partagée | Tribune
Annoncé le 17 juillet dernier par le Président de la République, le dialogue national inclusif n’a toujours pas de date officielle. Mais à Lubero-centre, chef-lieu du territoire de Lubero au Nord-Kivu, la question fait déjà débat. Et ce sont les jeunes qui donnent le ton : faut-il inviter les groupes rebelles, le M23 en tête, à la table ?
Les réactions sont loin de converger. Pour une partie de la jeunesse engagée, exclure les belligérants c’est condamner les discussions d’avance. Franklin Muhindo, enseignant dans les écoles secondaires de Lubero, ne tourne pas autour du pot :
« Il faut d’abord comprendre le titre. Dialogue inclusif, cela implique la participation de toutes les parties prenantes au conflit. Si on veut réellement la paix, il faut parler avec tout le monde. Même avec ceux qui ont pris les armes. Les exclure, c’est condamner le dialogue à l’échec avant même qu’il ne commence. Le pays a besoin de se regarder en face. »
Pour lui, l’urgence est d’arrêter les tueries, peu importe qui est autour de la table.
De l’autre côté, d’autres jeunes disent non. Inviter le M23, pour eux, revient à récompenser les armes. Joseph Muhindo, du mouvement citoyen LUCHA, est catégorique :
« La guerre à l’Est est une question politique. Associer un belligérant au règlement d’un problème interne, c’est récompenser les armes. Nous disons non. Le dialogue doit se faire entre Congolais qui respectent la Constitution et non avec ceux qui ont tourné les armes contre le pays. »
Pendant que Lubero débat, la pression monte sur Kinshasa. La plateforme de l’opposition C64 exige toujours la convocation officielle du dialogue avant le 15 août. A défaut, prévient-elle, elle reprendra ses actions de rue.
Asaph LITIMIRE