Groupe de presse La République

« Un nouveau colonialisme de terreur » : Muhindo Nzangi charge le RDF-M23 et décrit l’enfer vécu par les populations de l’Est

Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, n’a pas usé de détours. Invité ce lundi 05 janvier 2026 sur le plateau de l’émission Bosolo n’a Politik TV, le notable et élu du Nord-Kivu a livré un réquisitoire implacable contre l’occupation des territoires de l’Est de la RDC par la coalition de l’armée Rwandaise avec ses supplétifs M23-AFC, qu’il assimile à un « nouveau colonialisme fondé sur la terreur, l’humiliation et l’esclavage ».

Face aux caméras, le ministre a décrit, avec gravité et indignation, le quotidien des populations civiles vivant sous contrôle rebelle, dénonçant des pratiques qu’il qualifie de crimes contre la dignité humaine.

« Les civils sont fouettés comme à l’époque de l’esclavage »

Muhindo Nzangi a particulièrement insisté sur les méthodes coercitives employées pour imposer l’autorité du M23-AFC. Selon lui, la violence est devenue un mode de gouvernance.

« Aujourd’hui, dans les zones occupées, le fouet est redevenu un instrument de pouvoir. Des civils sont fouettés publiquement pour des fautes mineures, parfois simplement pour faire peur », a-t-il dénoncé.

Le ministre parle d’un système visant à briser psychologiquement les populations afin de les maintenir dans une obéissance forcée.
Travail forcé et enrôlement sous la menace
Autre aspect alarmant évoqué : l’enrôlement forcé des jeunes et le travail imposé aux civils.
« Les jeunes sont traqués, enrôlés de force. On leur dit clairement : soit tu rejoins la rébellion, soit tu meurs », a affirmé Muhindo Nzangi.

Il décrit des territoires transformés en réservoirs humains, où les libertés fondamentales ont totalement disparu.

« Ce n’est plus une rébellion, c’est un système colonial »

Pour le ministre d’État, la situation dépasse largement le cadre d’un conflit armé classique.
« Ce que le M23-AFC impose à nos populations, ce n’est pas une administration, c’est un système colonial. On arrache la terre aux paysans, on vole le bétail, on pille les champs, et on installe une administration parallèle au service d’intérêts étrangers », a-t-il martelé.

Selon lui, la terreur est délibérément utilisée comme outil de domination afin de faciliter l’exploitation illégale des ressources.

Un exode provoqué par l’humiliation et l’esclavage

Visiblement ému, Muhindo Nzangi est revenu sur le drame humanitaire qui frappe le Nord-Kivu, marqué par des déplacements massifs de populations.

« Les gens ne fuient pas seulement les bombes. Ils fuient l’humiliation, l’esclavage, la négation de leur dignité », a-t-il déclaré.
Il estime que ce climat de terreur totale aggrave une crise humanitaire déjà critique, avec des familles entières contraintes d’abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.

Appel à l’unité et à la libération des territoires occupés

En tant qu’élu du Nord-Kivu, le ministre d’État a réaffirmé son soutien aux forces loyalistes et aux Wazalendo, tout en appelant à un sursaut national.

« La souveraineté de la RDC ne se négocie pas. Aucun Congolais ne doit accepter de vivre en esclave sur sa propre terre », a-t-il conclu, appelant le gouvernement à intensifier les efforts pour la libération totale des zones occupées.

Par Valéry Mukosasenge


En savoir plus sur Groupe de presse La République

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

En savoir plus sur Groupe de presse La République

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture