À Uvira, le ministre provincial de l’Agriculture a réceptionné ce lundi 2 mars un premier lot de 7 tonnes de semences de maïs. Un geste fort qui s’inscrit dans la vision de « Révolution agricole agressive » portée par Kinshasa, alors que la province tente de panser ses plaies de guerre par la terre.
Le signal est lancé pour la saison culturale B au Sud-Kivu. Dans le cadre d’une mission stratégique du ministère national de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, une délégation venue de Kinshasa a officiellement remis une cargaison de sept tonnes de semences de maïs aux autorités provinciales.
Bien que ce volume représente une première tranche, cette dotation est perçue comme un souffle d’espoir pour les agriculteurs locaux.
Une arme contre la faim et la dépendance
Conduite par Madame Lucianne Lutula, la délégation nationale a été claire : l’objectif est de transformer la crise sécuritaire en opportunité de résilience. « Cette initiative vise à renforcer les populations affectées par les affres de la guerre », a-t-elle déclaré face aux représentants des coopératives agricoles.
L’enjeu dépasse la simple distribution ; il s’agit de réduire drastiquement les importations de produits vivriers pour imposer la souveraineté alimentaire de la région. Pour Kinshasa, le message est limpide : la terre doit devenir le nouveau front de la résistance économique.
« Un signal fort, mais des besoins immenses »
En réceptionnant ce lot au nom du gouvernement provincial, le ministre Didier Kabi n’a pas caché sa satisfaction, tout en restant pragmatique. Si le geste du ministre d’État Muhindo Nzangi est salué comme un « signal fort », le ministre provincial a rappelé l’ampleur du chantier qui reste à accomplir.
« Le Sud-Kivu nécessite non seulement des semences en plus grande quantité et plus diversifiées, mais également des équipements adaptés : houes, intrants et tracteurs », a insisté Didier Kabi.
Produire sous le feu des armes
Malgré l’occupation de plusieurs zones par des groupes armés, le Sud-Kivu refuse de plier. La province continue de produire arachides, haricots et maïs à la sueur du front de ses ménages agricoles.
Cette nouvelle dotation s’insère dans la campagne nationale baptisée « Révolution agricole agressive ». Un pari audacieux qui, pour réussir, devra impérativement s’accompagner d’un suivi technique rigoureux sur le terrain, comme l’a rappelé la cheffe de délégation Lucianne Lutula.
L’heure est désormais à la terre. Pour les autorités et les paysans du Sud-Kivu, chaque graine semée est un pas de plus vers une stabilité que les armes n’ont pas encore réussi à offrir.
Rédaction
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