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RDC : Le CLC au Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres.

A Monsieur Antonio GUTERRES

Secrétaire Général des Nations-Unies
Sutton Palace Manhattan, NEW  YORK

Objet: A propos du discours du Président Kabila aux Nations-Unies Monsieur le Secrétaire général,

  1. Le CLC a suivi avec attention le discours du Président Kabila à l’Assemblée générale des Nations-Unies, ce mardi 25 septembre 2018. Il


    tient à exprimer sa préoccupation face à ces propos d’autosatisfaction et de moralisation de la vie internationale qui ne reflètent en rien la réalité du pays. . Le CLC rappelle entre autres que le caractère tant vanté de l’irréversibilité des élections en RDC, loin de relever de la bonne foi et de [a détermination des gouvernants, est avant tout le prix d’immenses sacrifices de la population et le fruit’ des pressions de la Communauté Internationale.


    2. Ce résultat demeure cependant partiel et précaire. Si le Président Kabila a renoncé a briguer un troisième mandat, la Cour Constitutionnelle dont la composition avait été revue à sa propre convenance, est entièrement à sa solde. Quant à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qu’il instrumentalise, elle continue à décrédibiliser l’ensemble du processus électoral en imposant le recours à une machine à voter non prévue par la loi et non inscrite dans le calendrier électoral en cours; de même, cette CENI tient à faire usage d’un fichier électoral comportant plus de 10 millions d’inscrits fictifs.


    3. Pour des millions de Congolaises et Congolais, ces élections tant attendues, loin d’être un simple exercice citoyen inscrit au calendrier politique de tout Etat constituent un  véritable combat de libération pour accéder à une réelle gouvernance démocratique, point de départ de la stabilité nationale, du bien-être de tous et du décollage de l’ensemble de la sous-région.


    4. Par ailleurs, le CLC fustige la sous-estimation par le Président de la République du rôle si  important joué par ra MONUSCO dans le processus de pacification et de stabilisation de la RDC. La MONUSCO, sans avoir naturellement pour vocation de s’éterniser en RDC, doit dans l’immédiat, être plutôt renforcée pour lui permettre d’assurer la protection de la population civile et d’aider cette dernière à faire face à toutes les violences dont elle fait l’objet, qu’elles soient d’origine interne ou externe.


    5. L’acharnement pour le retrait de la MONUSCO est plus que suspect. Il pourrait même relever d’une volonté délibérément planifiée de plonger le pays dans un chaos absolu en cette période• pré-électorale.


    Raison pour laquelle le CLC attire l’attention de’ la Communauté Internationale sur le danger que représenterait le départ, même partiel, de la MONUSCO dans un contexte sécuritaire aussi précaire qu’incertain.


    6. En outre; il n’existe actuellement en ROC aucune institution légitime autorisée à solliciter de réduire ou de mettre fin au mandat de la MONUSCO sans que cette demande ne fasse l’objet d’un consensus national, seul garant de la sauvegarde de l’intérêt général. Quant à l’exigence légitime du respect de la souveraineté nationale, elle r:le devrait pas être réduite, au risque d’être banalisée, à un simple outil de propagande, puisqu’elle suppose une forte organisation interne, une mobilisation et une implication de tous les Congolais au service de la défense de l’intérêt national.


    7. S’agissant des massacres récurrents de la population à Beni, comme celui de ce 22  septembre 2018, le CLC tient à rappeler que l’intégrité du territoire, la sécurité des personnes et des biens, étant des attributs de souveraineté, elles relèvent tout d’abord des Forces de Défense et de Sécurité congolaises, auxquelles les Casques Bleus n’apportent qu’un appui. A ce titre, le CLC demande au gouvernement congolais de lever toutes les entraves et tous les obstacles qui bloquent les FARDC et les Brigades spéciales de la MONUSCO de mener des opérations conjointes.


    8. Enfin, le CLC saisit cette occasion pour demander au Conseil de Sécurité de diligenter une enquête internationale Indépendante sur lesmassacres de BENI et de renforcer les Forces Spéciales de la MONUSCO sur place.


    9. Vous remerciant d’avance pour la bonne attention que vous voudrez bien réserver à cette lettre, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’assurance de notre très haute considération.

POUR LE COMITE LAIC DE COORDINATION
Jonas Tshiombela
Prof Isidore Ndaywel
Prof. Justin Okana
Julien Lukengu
Gertrude Ekombe
Franklin Mbokolo

 

Rédaction