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Nord-Kivu : la libération de centaines d’enfants dits “Maibobo” par l’AFC-M23 ravive de graves inquiétudes sur les violations des droits de l’enfant à Goma

La libération, dans la soirée du lundi 05 janvier 2025, de plusieurs centaines de personnes sans abri, dont une forte majorité d’enfants, de la prison centrale de Munzenze à Goma (Nord-Kivu) soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des droits de l’enfant dans la ville de Goma, sous administration de l’AFC-M23.

Parmi les personnes relâchées figurent des enfants âgés de 2 à 17 ans, arrêtés lors de l’opération dite “zéro Maibobo”, officiellement présentée comme une mesure de protection et de réinsertion des enfants de la rue. Pourtant, au lieu d’un encadrement social annoncé par les autorités locales, ces enfants ont été placés en détention dans une prison centrale, un environnement inadapté et interdit pour des mineurs au regard des normes nationales et internationales s’inquiètent les défenseurs des droits humains et la société civile locale.

« Les allégations de violences physiques, de traitements cruels et d’actes de torture sont graves et, si elles sont confirmées, constitueraient de graves violations de la Convention relative aux droits de l’enfant », déplore un défenseur des droits humains.

Selon plusieurs témoignages recueillis après leur libération, des enfants affirment avoir subi des violences physiques, des traitements cruels et des actes de torture. Certains d’entre eux déclarent que des compagnons de détention auraient trouvé la mort à la suite des sévices subis.

« La détention prolongée de mineurs, y compris de très jeunes enfants, parfois accompagnés de leurs mères allaitantes, va à l’encontre du principe selon lequel l’emprisonnement d’un enfant doit être une mesure de dernier ressort et pour la durée la plus brève possible. Aucun dispositif d’assistance juridique, médicale ou psychosociale n’aurait été mis en place pour ces enfants, accentuant leur vulnérabilité », révèle un autre défenseur des droits humains.

D’autres acteurs de la société civile locale dénoncent également l’absence de structures d’accueil spécialisées, de programmes de réinsertion ou de suivi familial, pourtant indispensables pour des enfants en situation de rue.

« La criminalisation de la pauvreté et de l’errance infantile est une approche répressive contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant, principe fondamental du droit international », soulignent-ils.

Cette libération, bien qu’elle constitue un soulagement pour les familles et les enfants concernés, met en lumière la nécessité urgente de repenser les réponses apportées au phénomène des enfants de la rue, en privilégiant la protection, l’accompagnement social et le respect strict des droits fondamentaux de l’enfant.

La Rédaction


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