Groupe de presse La République

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La proximité,une loi de communication qui fait le succès de l’artiste But N’a Filet.

En écoutant d’emblée la musique de ce jeune homme, originaire de la commune presque rurale en ville de Kinshasa, Kisenso, l’on dirait qu’il n’est pas un grand professionnel. Pourtant, il séduit plus d’une personne par sa musique ! Ironie du sort, ce qu’on appellerait ses faiblesses sur le plan musical deviennent parfois ses qualités. Quel est le secret professionnel de Hugues  » But N’a Filet »?, notre article répond à cette question.

La réussite de la musique de  » But N’a Filet » est son application de la loi de communication qu’on appelle » la proximité ».

 Ce jeune talent qui s’impose de plus en plus dans la musique congolaise, la Rumba, l’utilise consciemment ou inconsciemment mais la technique lui convient bien. Sa proximité est non seulement géographique et thématique mais elle est surtout linguistique et affective.

Géographique puisque, l’auteur de « Problème ya love » s’inspire des questions sociales de son environnement direct : la ville de Kinshasa surtout dans la partie qu’on appelle » Tshangu ». Dans ce coin de la province de Kinshasa réside une grande partie de la « vulgus » kinoise. La plupart d’habitants n’ont pas besoin d’une musique savante comme celle de Lokua Kanza ou de Jean Goubald. Leur quotidien, une vie à la sauvette, ne le dispose pas à trop philosopher. Ils ont juste besoin d’une musique d’une thématique de proximité. 

C’est une thématique de proximité qui reprend les réalités simples de la vie quotidienne. L’on pourrait l’observer à travers ce titre comme  » Problème ya love »,  » mon choix » ou encore » ma prière ». L’on peut penser qu’il utilise la technique de  » remue méninge » en écrivant tout ce qui lui passe dans la tête sur un thème. Soit il s’inspire de ce qu’il a vécu, soit de ce qui se vit dans son environnement. D’où le secret de sa popularité.

Sur le plan linguistique, il se contente du parler courant, le lingala de Kinshasa, mélange de plusieurs langues surtout le français. L’auditeur de sa chanson n’a pas besoin d’un dictionnaire lingala pour comprendre son message. Le titre » Problème ya love » qui mélange français » problème », lingala  » ya » et anglais » love » est une illustration de cette proximité linguistique. Le patois kinois a déjà atteint toutes les couches de la population, d’où sa popularité de tous les milieux, huppés ou populaires, n’en déplaise à personne.

Son ton mélancolique, que lui-même appelle » le ton de pleurer »- traduction littérale du lingala- accroche un grand public. Il est vrai que l’humain est facilement touché par tout ce qui dénote de l’émotion. D’ailleurs un des grands théoriciens de la rhétorique, Aristote classe l’émotion, le  » pathos », parmi les techniques rhétoriques qui accrochent la foule. La vedette » But na Filet » utilise-t-il consciemment cette technique ? Peu importe, l’essentiel est qu’elle lui est bénéfique dans carrière.

Par ailleurs, notons également que d’autres musiciens utilisent certaines techniques de Hugues But N’a Filet. C’est le cas du duo MPR, de Innocent Balume, Fabregas,Gaz Mawete, parfois Fally, Ferre et tous les autres comme les jeunes qui font la musique dite  » Décalé ». Des chansons de cette catégorie sont des tubes au pays de Lumumba.

Robert TSONGO