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Guerre de l’Est : Muhindo Nzangi brise le tabou du dialogue et appelle à la libération totale avant toute messe politique

Alors que des voix s’élèvent pour réclamer un dialogue de cohésion nationale, le Ministre d’État à l’Agriculture et leader d’opinion du Nord-Kivu, Muhindo Nzangi Butondo, a douché les espoirs des partisans d’une « table ronde » politique. Pour lui, s’asseoir avec l’opposition ne chassera pas les troupes rwandaises du sol congolais. Son message est clair : la priorité est militaire, pas électorale.

​L’illusion du partage de gâteau

​Sur le plateau de l’émission, Muhindo Nzangi a été d’une franchise désarmante. Il estime que les appels au dialogue lancés par une partie de la classe politique cachent souvent des ambitions personnelles plutôt que des solutions sécuritaires.

​« Même si nous mettons aujourd’hui Moïse Katumbi, Martin Fayulu et le Président Félix Tshisekedi autour d’une même table, cela va se terminer comment ? Par le partage des postes, des ministères et des entreprises publiques », a-t-il martelé. Selon le Ministre, la nature du conflit à l’Est est une agression étrangère qui ne dépend pas de la mésentente entre les politiciens congolais à Kinshasa.

​La guerre n’est pas une question de « cohésion » politique

​Pour l’élu du Nord-Kivu, l’argument selon lequel l’absence de dialogue interne fragiliserait le pays face à l’ennemi est un faux fuyant. Il rappelle que l’agresseur profite de la diversion créée par les débats politiques internes pour gagner du terrain.

​L’agression est extérieure : Le Rwanda et le M23 ne se retireront pas parce que les opposants sont entrés au gouvernement.
​L’agenda caché : Muhindo Nzangi soupçonne que le dialogue soit utilisé comme une porte dérobée pour légitimer ceux qui sont « utilisés » par l’agresseur sous prétexte de réconciliation.

​« Libérons d’abord, discutons après »

La ligne de conduite proposée par le Ministre d’État est celle de la fermeté souveraine. Il appelle à concentrer toutes les énergies et les ressources du pays vers le front militaire plutôt que vers l’organisation de forums politiques coûteux et stériles face aux balles.

​« Finissons d’abord la guerre. Boutons l’ennemi hors de nos frontières, sécurisons nos populations qui vivent sous la terreur et le fouet. Une fois que la RDC sera intègre, alors nous pourrons parler entre nous Congolais de l’avenir du pays. »

​Un appel à l’unité derrière les FARDC

​En conclusion de son intervention, Muhindo Nzangi a exhorté la classe politique, tant de la majorité que de l’opposition, à soutenir inconditionnellement l’effort de guerre. Pour lui, demander un dialogue alors que Goma et d’autres territoires sont occupés est une distraction dangereuse qui fait le jeu de l’ennemi.

Par Valéry Mukosasenge


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