L’atelier national sur l’inclusion financière et la promotion des investissements dans le secteur agricole s’est ouvert le 2 juin à l’Hôtel du Fleuve Congo, à Kinshasa, sous la présidence du Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi. Prévue jusqu’au 3 juin, cette rencontre de haute portée stratégique vise à jeter les bases d’une réforme profonde du système de financement agricole en République démocratique du Congo.
L’objectif affiché est de passer des discours aux actions concrètes afin de répondre aux réalités du terrain. Pour Muhindo Nzangi, il est désormais indispensable de faciliter l’accès des producteurs aux financements et de mettre en place des produits financiers spécifiquement adaptés aux besoins du monde rural.

Dans son allocution d’ouverture, le Ministre d’État a relayé les préoccupations exprimées par les populations lors de ses récentes missions à travers plusieurs provinces du pays. Il a notamment évoqué le cas de jeunes éleveurs de Kisangani confrontés aux nombreuses exigences imposées par les institutions financières lorsqu’ils sollicitent un crédit pour développer leurs activités.
« Les jeunes sont venus nous raconter tout le calvaire qu’ils endurent. Quelqu’un qui possède quatre ou cinq porcs et qui souhaite agrandir sa ferme se voit imposer des garanties démesurées lorsqu’il demande un crédit. Même lorsqu’il présente le titre foncier de la parcelle de son père, on lui exige encore d’autres documents. Tout est fait pour multiplier les conditionnalités », s’est indigné le Ministre d’État devant une assistance composée d’experts, d’opérateurs économiques et de partenaires au développement.
Face à cette situation, le patron de l’Agriculture congolaise a appelé les banques et les institutions de microfinance à revoir leurs mécanismes de financement afin de les adapter aux réalités des petits exploitants agricoles. Selon lui, la sécurité alimentaire et la transformation du secteur agricole ne pourront être atteintes tant que l’accès au crédit restera aussi difficile pour les producteurs.

Les travaux de l’atelier ont ainsi permis de formuler plusieurs recommandations visant à concevoir des mécanismes de financement plus souples, inclusifs et adaptés au contexte congolais. À travers cette initiative, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire de l’agriculture le moteur de la croissance économique nationale, tout en soutenant davantage les femmes et les hommes qui assurent quotidiennement l’alimentation de la population.
Valéry Mukosasenge