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DES LOTS DE SARDINES PILCHARDS À LA SAUCE TOMATE, IMPROPRES À LA CONSOMMATION, DÉVERSÉS SUR LE MARCHÉ !

quelques modeles

Dans une circulaire, l’OCC instruit ses départements centraux de retracer les cargaisons concernées, déjà entrées en RD Congo en vue de leur retrait du circuit local de distribution.D’importants lots de sardines pilchards à la sauce tomate et à la sauce pimentée sont déversés sur le marché. L’alerte est du ministère de la Santé et du Bien-être de la République du Botswana qui a livré l’information au Gouvernement de la RD Congo, par la voie d’un communiqué de presse.

Selon la source, les lots concernés portent les codes n°ZST29 et ZSC29. D’ores et déjà, l’Office congolais de contrôle (OCC), dans une instruction de service signée le 28 février dernier, bat le rappel des troupes. Son directeur général, M. Risasi Tabu Wa M’Simbwa, demande à tous des départements centraux (DCI, DLABO, DCA), à toutes les directions provinciales ainsi qu’à toutes les agences de l’Office, de veiller à ce que ces lots de sardines ne puissent pas entrer en RD Congo.Cependant, rien n’indique qu’au moment où le ministère de la Santé et du bien-être de la République du Botswana tire sa sonnette d’alarme, ces lots de boites de conserve nuisibles à la santé, n’avaient pas encore été injectés sur le marché RD Congolais. Voilà pourquoi, la haute hiérarchie de l’OCC demande à tous ses services à retracer les cargaisons concernées qui seraient déjà entrées en RD Congo, en vue de leur retrait du circuit local de distribution, en les mettant en consignation. Ce, conformément aux instructions du Gouvernement central, via le ministère de la Santé.Mais, d’où proviennent ces sardines déclarées impropres à la consommation ? La question est pour l’instant sans réponse, dans la mesure où la note circulaire de la Direction générale de l’OCC, dont la copie a atterri hier à la rédaction de Forum des As, ne fournit aucune information supplémentaire, quant aux pays producteurs de ces boites de conserve qui constituent l’aliment de base dans plusieurs internats en RDC. Particulièrement, ceux des écoles conventionnées. Surtout, dans les collèges et les lycées de l’arrière-pays où la sardine pilchard à la sauce tomate ou à la sauce pimentée, préparée soit avec les feuilles de manioc, soit avec de l’oseille, est parfois servie au quotidien. N’en déplaise aux élèves ne pouvant supporter la monotonie !

A L’EPREUVE DE PROBITE MORALE

“Le marché congolais n’est pas une poubelle ! Ce slogan à la fois révélateur et interpellateur de l’OCC, résume substantiellement la réalité parfois triste, observée sur les lieux de négoces de la RD Congo. Partageant les frontières communes avec neuf pays, la RD Congo a la chance ou le malheur – c’est selon – de retrouver dans son circuit de distribution, des gammes variées de marchandises en provenance de ses voisins. A Kinshasa, par exemple, des produits alimentaires fabriqués en Angola, inondent les marchés.Cependant, il se pose un vrai problème lié à la manière dont toutes ces marchandises arrivent sur le marché congolais. Une partie non négligeable de ces produits ne suivent pas le circuit officiel d’importation. Comme pour dire, ils entrent en RD Congo par des voies “frauduleuses”. Plusieurs fois, des agents de service commis dans différents postes frontaliers sont accusés de corruption, devenue systémique et presqu’endémique au pays. Moyennant un pourboire, ces agents contrôleurs ferment les yeux et laissent traverser tout. Dans ces conditions, il n’est plus étonnant de retrouver sur le marché de Kinshasa, par exemple, des produits dont la date de péremption n’est pas du tout reprise sur l’emballage. Surtout les friandises et certaines boissons en cannettes.Par rapport aux cargaisons de sardines pilchards concernées, on n’ignore pas la ruse qui caractérise la plupart des commerçants expatriés, opérant en RD Congo. Nombreux savent parfois que leurs produits sont impropres à la consommation. Mais ils refusent délibérément de les mettre hors circuit de vente, sous prétexte d’enregistrer de grosses pertes. Entre la santé des Congolais et leurs dividendes, le choix de ces commerçants (véreux ?) est clair. Question : A qui la faute?Compte tenu de cette triste réalité qui n’échappe pourtant à personne, la responsabilité confiée à l’OCC, de veiller à ce que les lots de sardines pilchards portant les codes n°ZST29 et ZSC29, ne puissent entrer en RD Congo, et en même temps, de rappeler toutes les cargaisons concernées qui seraient déjà sur le marché, est une mission à l’épreuve de probité morale. Le contrôle en aval étant parfois beaucoup plus complexe qu’il ne l’aurait été en amont, il n’est donc pas évident que les résultats escomptés soient atteints. Grevisse KABREL