Groupe de presse La République

Beni : L’enseignement public paralysé par une « grève sèche » des enseignants

​Depuis la rentrée scolaire du troisième trimestre ce lundi, les activités pédagogiques sont au point mort dans la majorité des établissements publics de la ville et du territoire de Beni, au Nord-Kivu. Les enseignants conditionnent la reprise des cours par le paiement de leurs arriérés de salaire et la libération de deux de leurs collègues.

​Le constat est amer dans les écoles publiques de la région de Beni : les salles de classe restent désertes pour la troisième journée consécutive. Ce mouvement de grève, déclenché à l’issue de plusieurs assemblées générales syndicales tenues la semaine dernière, paralyse le secteur éducatif au détriment de milliers d’élèves.

​Des revendications sociales et administratives

​Réunie dimanche 12 avril à l’Institut Bungulu, l’intersyndicale des enseignants a acté la suspension des cours. Les grévistes exigent, d’une part, le versement immédiat du salaire du mois de mars et, d’autre part, la mécanisation effective des enseignants dits « Nouvelles Unités » (NU).

​De son côté, le Syndicat des enseignants catholiques (SYNECATH) de Beni-Bungulu ajoute une dimension judiciaire à la contestation. Il exige la libération de deux enseignants condamnés et détenus à la prison centrale de Kangbayi, suite à une affaire de torture sur un écolier à Mutwanga, dans le secteur de Ruwenzori.

​Une mobilisation totale, de la ville à la périphérie

​Le débrayage est largement suivi. À Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, ainsi que sur l’axe Mavivi-Kaina, les enseignants se sont accordés pour une grève illimitée. Réunis à l’école primaire Masosi, ces derniers ont réaffirmé leur détermination à ne reprendre la craie qu’une fois leurs « desiderata » satisfaits par le gouvernement congolais.

​À l’inverse, le secteur privé semble épargné par cette crise. Dans les écoles agréées de la ville, les cours se déroulent normalement, créant ainsi un système éducatif à deux vitesses.

​L’angoisse des finalistes

​Sur le terrain, la déception est grande pour les élèves qui, lundi matin, espéraient encore une rentrée effective. Les plus inquiets sont les élèves de 8e année et les finalistes du secondaire, dont le calendrier scolaire est serré avec l’approche du Test National d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP) et des épreuves préliminaires de l’Examen d’État.

​« Nous sommes inquiets. Cette grève survient à quelques jours seulement de la dissertation et du jury. Nous demandons aux enseignants de nous venir en aide et au gouvernement de respecter ses engagements. Il ne reste que peu de temps pour achever cette année que nous avions pourtant bien commencée », plaident des élèves rencontrés sur le chemin du retour.

​Pour l’heure, le dialogue semble rompu entre la base syndicale et les autorités compétentes, laissant planer une incertitude totale sur la suite de l’année scolaire dans cette partie de la province du Nord-Ku.

Anicet Ndaghala

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