Skip to main content

Groupe de presse La République

RDC : Vers un « Black-out » scolaire ? Les enseignants activent le levier de la grève générale​

RDC : Vers un « Black-out » scolaire ? Les enseignants activent le levier de la grève générale​

Le bras de fer est officiellement engagé. Ce vendredi 10 avril 2026, l’intersyndicale des enseignants de la République démocratique du Congo a déposé un préavis de grève générale illimitée. Entre promesses non tenues et précarité salariale, le système éducatif congolais vacille au bord de la paralysie totale.

​Le spectre d’une année blanche

C’est un cri de colère qui part de Kinshasa pour résonner sur toute l’étendue du territoire national. Dans une correspondance adressée à la Primature ainsi qu’aux ministères de l’Éducation nationale et des Finances, les professionnels de la craie expriment leur « profonde indignation ». Le constat est amer : malgré les réformes annoncées, le quotidien de l’enseignant congolais reste marqué par l’incertitude.

​Un cahier de charges explosif

​Au cœur de cette fronde, quatre points de rupture cristallisent les tensions :
​L’asphyxie financière : Les retards de paiement, particulièrement criants pour le mois de mars, ont épuisé la patience des ménages.
​Le drame des « oubliés » : Les enseignants dits « Nouvelles Unités » (N.U) et « Nouvelles Paies » (N.P) attendent toujours leur régularisation administrative et le versement de leurs premiers émoluments.
​La promesse des 500 dollars : Symbole d’une attente trahie, le salaire mensuel de 500 USD, promis par les autorités, demeure à ce jour un mirage pour la majorité des effectifs.
​Des conditions de travail dégradées : Au-delà du salaire, c’est l’environnement pédagogique global qui est jugé indigne de la mission éducative.

​« On ne peut pas demander de la qualité à un enseignant qui a le ventre vide et l’esprit tourné vers ses dettes », confie un représentant syndical sous couvert d’anonymat.

​Une menace de paralysie nationale

​Le ton est sans équivoque : si aucune solution concrète et immédiate n’est proposée par le gouvernement, les écoles publiques fermeront leurs portes pour une durée indéterminée. Cette menace de « paralysie nationale » fait peser un risque majeur sur le calendrier scolaire et sur l’avenir de millions d’élèves congolais, déjà fragilisés par des crises sociales successives.

​Le gouvernement au pied du mur

​Le silence des autorités est désormais scruté de près. Alors que le pays traverse une période économique complexe, la gestion de cette crise sociale s’annonce comme un test de crédibilité pour la Primature. Les parents d’élèves, quant à eux, retiennent leur souffle, craignant de voir leurs enfants privés de cours à quelques mois des examens de fin d’année.

​Le compte à rebours est lancé. La balle est désormais dans le camp du gouvernement pour éviter que la craie ne cesse définitivement de crisser sur les tableaux noirs de la République.

Valéry Mukosasenge

Spread the love

La République