À Beni, la forge devient un tremplin pour l’autonomie des jeunes
Formation professionnelle : dans un contexte d’insécurité, de jeunes forgerons transforment le métal en source de revenus
Sous une pluie battante, il est 7 heures du matin au centre de formation professionnelle Mabondeni, dans le quartier Résidentiel, non loin du marché Kilokwa. Malgré les difficultés liées au contexte sécuritaire, des jeunes ont choisi de ne pas rester les bras croisés. Ils se tournent vers un métier manuel pour assurer leur autonomie et répondre aux besoins de leurs familles.
Dans l’atelier, le jeune Kabale Mbavumoja Ismaël s’affaire autour de son activité. Formé à la forge des métaux, il explique comment ce savoir-faire lui permet aujourd’hui de fabriquer différents objets utiles à la communauté.
« Ici, au lieu de forger, nous fabriquons des braseros, des haches, des marmites, des porte-cadenas, les serrures de toutes les portes et différents dessins sur les portes métalliques », témoigne-t-il.
Pour ce jeune forgeron, cette activité représente surtout une opportunité de survie dans une ville où les possibilités d’emploi restent limitées. Il souligne également l’importance de cette initiative dans un environnement où les déplacements et les activités économiques peuvent être difficiles.
Des femmes aussi à la forge
L’apprentissage de la forge ne concerne pas uniquement les hommes. Madame Kavira, mère de quatre enfants, a également choisi ce métier après avoir été confrontée au manque d’emploi.
« J’ai manqué du travail à faire, c’est ainsi que je me suis initiée à ce travail », explique-t-elle, estimant que cette activité l’aide notamment à prendre en charge la scolarité et les soins de santé de ses enfants.
Elle encourage ainsi d’autres jeunes filles sans emploi à apprendre un métier afin de devenir progressivement autonomes.
Former pour créer des activités génératrices de revenus
Au centre Mabondeni, la formation professionnelle est présentée comme un moyen concret d’offrir de nouvelles perspectives aux jeunes. Près de 75 personnes bénéficient déjà de cet encadrement, tandis que d’autres centres existent également dans la ville et le territoire de Beni.
Les responsables du centre appellent davantage de jeunes à saisir ces opportunités et à apprendre un métier qui peut leur permettre de générer leurs propres revenus.
« S’il y a des jeunes qui veulent apprendre, qu’ils viennent nous voir. Nous allons les former », lancent-ils.
Au-delà de la forge, le centre Mabondeni entend faire de la formation professionnelle un outil d’autonomisation. Dans une zone confrontée à de nombreux défis, apprendre un métier apparaît ainsi comme une autre manière pour les jeunes de construire leur avenir et de participer à la relance économique locale.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Un projet exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération, DDC Suisse.
A travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, passant de simples observateurs ou rapporteurs à des véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.
Rédaction