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Groupe de presse La République

Beni : le football des vétérans au service de la cohésion sociale et de l’intégration des déplacés​

Beni : le football des vétérans au service de la cohésion sociale et de l’intégration des déplacés​

Dans la ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC), le football dépasse désormais le simple cadre du divertissement. Face aux épreuves imposées par les conflits armés et les déplacements massifs de populations, le sport roi s’est transformé en un puissant levier de résilience, de rapprochement et de cohabitation pacifique entre les communautés.

Chaque week-end, le terrain de football devient le théâtre d’une solidarité remarquable où l’esprit de compétition cède sagement la place au vivre-ensemble.

Le ballon rond comme outil de résilience

Au cœur de cette dynamique, les rencontres opposant les vétérans du VC 2GO à ceux du VC Muzungu ainsi qu’à d’autres clubs locaux insufflent un message fort d’espoir. La particularité du VC 2GO réside dans sa composition : il regroupe en majorité des ressortissants et déplacés de Goma installés à Beni, tandis que le VC Muzungu est essentiellement constitué d’autochtones de la région.

Pour Julio Kambale Makeusa, vice-président du VC 2GO, ces rendez-vous sportifs hebdomadaires offrent bien plus qu’un moment de détente. Ils ont permis aux personnes déplacées de retrouver un cadre d’épanouissement essentiel:

« Le football nous a aidés à nous sentir chez nous. Nous avons créé des liens avec nos frères de Beni. Aujourd’hui, nous nous considérons comme une seule famille », confie-t-il avec émotion.

Briser les préjugés et tisser des liens

​Ce sentiment est pleinement partagé du côté des autochtones. Calvin Maliro, cadre du VC Muzungu, estime que le sport joue un rôle crucial pour briser les barrières et les préjugés entre les résidents de longue date et les nouveaux arrivants. « À travers ces rencontres, nous apprenons à mieux nous connaître, à nous respecter et à nous soutenir mutuellement. Le terrain nous unit au-delà de nos origines », souligne-t-il.

La magie opère également en dehors des lignes du terrain. Après le coup de sifflet final, l’ambiance reste exceptionnelle au siège du VC 2GO. Autochtones et déplacés se retrouvent pour échanger autour d’un verre. Ces troisièmes mi-temps permettent de nouer des relations de confiance profondes, favorisant une véritable entraide entre les familles. De manière très concrète, cette cohésion sociale a permis à plusieurs personnes de trouver un emploi, de louer des maisons ou de développer de petites opportunités économiques.

Un symbole fort pour les supporters


Dans les gradins, l’impact de ces initiatives est salué par un public enthousiaste qui y voit les prémices d’une paix durable. Pascal Matungulu, alias « Cacao », fervent supporter, résume parfaitement l’état d’esprit qui entoure ces matchs de vétérans :

« Voir des personnes venues d’horizons différents jouer ensemble nous rappelle que la paix commence par les petits gestes du quotidien ».

​L’expérience inspirante du VC 2GO et du VC Muzungu à Beni démontre avec force que face aux épreuves de la vie qui tendent à diviser, le football demeure un langage universel capable de rassembler et de guérir les cœurs.

Par Magloire TSONGO

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