Dans le cadre du programme « Ma langue pour la paix », quatre institutions universitaires de Beni ont croisé le fer oratoire. Loin d’une simple compétition académique, cet événement s’est transformé en un véritable plaidoyer pour la cohabitation pacifique et la résilience communautaire.
Le Nord-Kivu, province aux multiples défis sécuritaires, a vibré au rythme de l’éloquence. À Beni, quatre établissements d’enseignement supérieur et universitaire ont pris part au concours interuniversitaire dénommé « Ma langue pour la paix ». L’objectif ? Mobiliser la crème intellectuelle locale autour des valeurs de paix et de vivre-ensemble.
L’altérité au cœur du plaidoyer
Pour Jaqueline Vivuya, lauréate de cette édition, ce concours a été un catalyseur de prise de conscience personnelle. Au-delà du trophée, elle retient l’importance de l’acceptation de l’autre dans sa différence.
« C’était d’abord une occasion de me découvrir comme une actrice potentielle du retour de la paix dans ma contrée. J’ai compris que nous devons vivre avec des personnes qui ont des visions différentes des nôtres, en respectant leurs faiblesses sans jamais minimiser leurs droits ou leur personnalité », confie-t-elle avec conviction.
La science au service de la résilience
Si les universités sont parfois perçues comme étant en compétition pour leur prestige ou leurs effectifs, ce concours a réussi le pari de l’unité. Les ambassadeurs des différentes facultés ont harmonisé leurs voix pour porter un message unique : la restauration du tissu social.
Joël Kavuya, superviseur de la zone pour le concours, exprime sa satisfaction quant à la profondeur des échanges. Pour lui, l’enjeu dépassait largement le cadre de la joute oratoire classique :
L’objectif : Privilégier la cohabitation pacifique plutôt que le simple renom des institutions.
La méthode : Utiliser le savoir scientifique comme levier pour transformer les mentalités.
Le constat : « Les thématiques choisies par les étudiants ne visaient pas à « vaincre » l’adversaire, mais à promouvoir les valeurs de résilience de toute une communauté », explique-t-il.
Un impact provincial
Il sied de noter que ce concours ne s’est pas limité à Beni. Plusieurs thématiques liées à la pacification ont été développées simultanément dans toutes les grandes villes du Nord-Kivu, faisant de la jeunesse estudiantine le fer de lance d’un nouveau narratif pour la province.
Maguy Bahati