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TSHISEKEDI ET KABILA BALISENT LA VOIE À LA PROROGATION DE L’ÉTAT D’URGENCE

Sur le front du COVID-19 proprement dit, les deux leaders réitèrent leur engagement à rester mobilisés pour lutter contre la pandémie tout en promettant de se concerter régulièrement pour évaluer la riposte.Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a reçu hier mardi 21 avril, en sa résidence de la Nsele, dans la banlieue Est de Kinshasa, son prédécesseur, Joseph Kabila.

Selon le compte rendu qu’a fait la presse présidentielle de cette rencontre, les deux personnalités ont discuté, près de 4 heures durant, de la crise sanitaire due à l’épidémie du coronavirus. Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ont fait le point sur la situation de la pandémie dans le monde, en Afrique et en RDC où depuis la déclaration du premier cas, le 10 mars dernier, le cumul est de 359 personnes contaminées, 25 décès contre 45 guéries.

Les deux leaders ont gardé une minute de silence en mémoire des victimes et présenté leurs condoléances aux familles respectives. Le Président Félix Tshisekedi et l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila ont également exprimé leur compassion à l’endroit de leurs compatriotes souffrant du Covid-19.Conscients de l’impact du coronavirus sur l’économie rd-congolaise, les deux hommes “ont réitéré leur appel à la cohésion nationale et à l’unité de notre peuple autour de la riposte contre cette maladie”, selon toujours la dépêche de la presse présidentielle. Par ailleurs, Félix Tshisekedi a remercié son prédécesseur pour son engagement dans cette lutte et sa décision de mettre à la disposition du gouvernement provincial du Sud-Kivu l’hôpital Maman SIFA de Makobola pour la prise en charge des malades du Coronavirus.En outre, les deux hautes personnalités ont réitéré leur engagement à rester mobilisés pour cette lutte et ont convenu de continuer à se concerter régulièrement pour évaluer la riposte à cette pandémie dans le pays.Certes, le communiqué de la presse présidentielle ne fait pas mention d’autres points que celui du Covid-19 ainsi que la compassion de deux personnalités à l’endroit des Congolais touchés par cette pandémie.

Personne n’ignore que cette rencontre entre les deux hautes personnalités survient dans un contexte de polémique entre FCC et CACH en rapport la dernière ordonnance présidentielle. A quelque deux jours de l’expiration de l’état d’urgence décrété le 24 mars dernier, le chef de l’État a demandé, lundi 20 avril, aux deux chambres du Parlement de se réunir séparément pour voter sa prorogation. Au FCC, on voit d’un mauvais œil que le Chef de l’Etat ait verrouillé l’ordre du jour. Pas que. Le MLC Jacques Djoli estime que seul le congrès est habilité à prolonger cette situation exceptionnelle. Et donc pour lui, les deux chambres doivent encadrer légalement la reconduction de l’Etat d’urgence décrété par le Président de la République. Les défenseurs de cette thèse font savoir que c’est même un déni du sacro-saint principe de séparation des pouvoirs.

En face au CACH, on n’entend pas les choses de cette oreille. Appuyant le Président Félix Tshisekedi, les ténors de sa famille politique soutiennent mordicus l’esprit et la lettre de cette ordonnance, à savoir que FATSHI a raison, les deux chambres du Parlement doivent se réunir mais séparément pour traiter la prorogation de l’état d’urgence.

Et en pareille situation de crise, pas besoin d’être devin pour affirmer que quand les deux plus hautes personnalités se retrouvent, comme c’était le cas hier, c’est davantage pour trouver solution à un problème qui coince. Indubitablement, le plat de résistance lors de la rencontre d’hier mardi c’était sans conteste le règlement de ce énième différend entre les deux plateformes au pouvoir.C’est à l’aune des déclarations des acteurs principaux du FCC et du CACH que l’on saura à quel compromis les deux leaders (Félix Tshisekedi et Joseph Kabila) sont arrivés.FATSHI et son glorieux devancier s’étaient déjà rencontrés au début du mois de mars au plus fort de la crise entre les deux camps au pouvoir et avaient même reconnu le malaise dans le fonctionnement de la coalition… Ils avaient décidé de régler certains malentendus au niveau du Comité de suivi. 

Didier KEBONGO