Groupe de presse La République

Nord-Kivu : Les forces vives de Lubero exigent le départ immédiat de l’Administrateur militaire

Alors que la tension retombe progressivement après l’assassinat brutal d’un motard et de sa cliente la semaine dernière à Kimbulu, les forces vives de Lubero accusent l’Administrateur militaire, le Colonel Kiwewa Mitela Alain, d’avoir précipité la mort de ces deux citoyens. Elles dénoncent la légèreté avec laquelle l’autorité territoriale a géré ce dossier.

« Nous exigeons son départ pour son mépris face à nos alertes. Malgré nos interpellations répétées, l’autorité territoriale est restée sourde. Nous l’avions pourtant prévenue à plusieurs reprises. Quand elle a été informée de l’enlèvement de nos compatriotes à Kimbulu, qu’a-t-elle fait pour empêcher l’irréparable ? Si elle avait pris nos alertes au sérieux et s’était mobilisée, ce drame aurait pu être évité », a déclaré Jackson Vahalwire, président de la société civile de Lubero-centre.

Le Réseau des taximen au Congo, RETAC, soutient cette position. Il recense près de 10 personnes tuées depuis le début de l’année, conséquence directe, selon lui, de la passivité de l’autorité territoriale face aux enlèvements et disparitions.

« Le bilan est lourd : cinq des nôtres tués en janvier, deux autres taximen assassinés en février à Muvale. À Lubero-centre, un chauffeur et ses passagers restent introuvables. Les disparitions et meurtres se multiplient à Manguredjipa comme à Magheria », a dénoncé Lwanzo Bulamatari, porte-parole du RETAC.

Contacté, le Colonel Kiwewa Mitela Alain, Administrateur militaire de Lubero a rejeté toutes les accusations, sans autre commentaire.

Ces réclamations ont été formulées mercredi 7 mai lors d’une réunion avec le délégué du gouverneur militaire du Nord-Kivu. Celui-ci s’est rendu à Lubero à la demande des forces vives, qui protestent contre la montée de l’insécurité dans le territoire.

Disparus depuis le jeudi 30 avril, le motard et sa cliente avaient été retrouvés morts à Kimbulu, le 4 Mai. Ils auraient été tués par un présumé combattant “Mzalendo”, qui les aurait lui-même enterrés. Les corps ont été exhumés puis transférés à la morgue de l’hôpital général de référence de Lubero. Sauf changement, leur inhumation est prévue ce jeudi 8 mai avant la mi-journée.

Cette affaire a déclenché un mouvement de protestation depuis dimanche dans les agglomérations de Lubero-centre et Kimbulu. Les activités socio-économiques et scolaires y sont restées paralysées en signe de deuil.

Asaph LITIMIRE

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