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Déforestation en RDC : Muhindo Nzangi mise sur l’agriculture pérenne comme arme stratégique

Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Son Excellence Muhindo Nzangi Butondo, a ouvert, ce vendredi 19 décembre, les travaux de la 5ᵉ réunion du Comité de pilotage du Programme d’Appui à la Mise en Valeur Durable des Zones de Savanes et de Forêts Dégradées (PSFD). À cette occasion, il a insisté sur l’urgence de mettre en place une stratégie agricole durable et structurée pour freiner efficacement la déforestation en République démocratique du Congo.

Dans son allocution, le patron de l’agriculture congolaise a exprimé sa gratitude envers les partenaires techniques et financiers, notamment le FONARED et le PSFD, pour leur accompagnement constant. Il a rappelé que ce programme s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à faire de l’agriculture un levier central de la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, tout en protégeant l’environnement.

Deux axes stratégiques pour inverser la tendance

Face à la pression croissante sur les ressources forestières, le ministre d’État a présenté deux stratégies prioritaires :
L’intensification des cultures pérennes, notamment le café, le cacao et le palmier à huile, avec l’ambition d’en faire un pilier de l’agriculture rurale. Cette approche vise à stabiliser les revenus des agriculteurs, réduire l’abandon des champs et prévenir les conflits liés aux vols et à l’insécurité des cultures.

La promotion accrue de l’utilisation des fertilisants, afin d’améliorer les rendements agricoles et de limiter l’agriculture itinérante sur brûlis, identifiée comme l’une des principales causes de la déforestation en RDC.
Un appel à un financement renforcé et à des procédures allégées.

Tout en saluant l’enveloppe de 8 millions de dollars américains allouée au PSFD, Muhindo Nzangi a estimé que ce financement demeure insuffisant au regard de l’ampleur des défis à relever. Il a plaidé pour une augmentation substantielle des ressources financières et pour la simplification des procédures administratives, afin d’accélérer la mise en œuvre des projets sur le terrain.

Le ministre a également proposé que ces fonds servent, entre autres, à l’implantation d’unités locales de production d’engrais minéraux dans les zones forestières, une mesure jugée stratégique pour soutenir durablement les exploitants agricoles.

Des ambitions à l’échelle nationale

Alors que le PSFD prévoit la restauration de milliers d’hectares, le gouvernement congolais affiche une ambition plus large : restaurer des millions d’hectares en l’espace de cinq ans. À cet effet, le ministre d’État a exhorté l’ensemble des parties prenantes à rehausser leur niveau d’engagement et à intégrer pleinement l’agriculture dans les politiques publiques de protection de l’environnement et de développement durable.

En clôturant son intervention, Muhindo Nzangi Butondo a officiellement lancé les travaux de cette cinquième réunion, rappelant que l’avenir de la lutte contre la déforestation en RDC se joue dans les champs, à la lisière des forêts, grâce à une agriculture pérenne, productive et soutenue par des politiques publiques fortes et cohérentes.

Par Valéry Mukosasenge
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