Agriculture en RDC : Muhindo Nzangi veut briser le verrou du financement agricole pour accélérer l’autosuffisance alimentaire
Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, entend faire de l’accès au financement un véritable levier de transformation du secteur agricole en République démocratique du Congo. Il a lancé, jeudi 5 novembre à Kinshasa, les travaux de la première réunion du Comité permanent sur l’inclusion financière et la promotion des investissements agricoles, avec pour objectif de trouver des mécanismes durables capables de soutenir la production nationale.
Organisée à l’Hôtel du Fleuve, cette rencontre a réuni plusieurs acteurs du secteur agricole autour d’un défi majeur : faciliter l’accès des producteurs aux crédits et mobiliser davantage d’investissements en faveur de l’agriculture congolaise.

Prenant la parole devant les membres du Comité, Muhindo Nzangi a déploré la réticence des banques et des investisseurs à financer les activités agricoles, principalement en raison de l’insuffisance des garanties présentées par les opérateurs du secteur. Une situation qui, selon lui, freine considérablement le développement du potentiel agricole du pays.
« Voilà pourquoi nous devons mettre nos énergies ensemble pour trouver une solution à ce défi », a-t-il déclaré, appelant les différentes parties prenantes à conjuguer leurs efforts pour lever les obstacles qui empêchent les agriculteurs d’accéder aux ressources financières nécessaires à leurs activités.
Pour le ministre d’État, la RDC ne peut continuer à dépendre des importations alimentaires alors qu’elle dispose d’importantes potentialités agricoles. Il estime qu’il devient impératif de mettre en place un système de financement adapté aux réalités nationales afin de renforcer la production locale et de parvenir progressivement à l’autonomisation alimentaire du pays.
Dans cette perspective, Muhindo Nzangi a invité les investisseurs et les partenaires du secteur à explorer les nombreuses opportunités qu’offre l’agriculture congolaise. Il a notamment cité le développement des axes semenciers, la mécanisation agricole, les infrastructures de stockage ainsi que la transformation des produits agricoles.
Le Gouvernement, a-t-il rassuré, reste disposé à examiner les différentes propositions d’investissement qui lui seront soumises afin d’apporter un accompagnement approprié aux initiatives porteuses.
De leur côté, les membres du Comité permanent ont assuré le ministre d’État de leur engagement à mettre en œuvre les recommandations issues de l’atelier sur l’inclusion financière organisé en juin dernier.

Ces recommandations portent notamment sur l’amélioration de l’accès au financement agricole, la mise en place de produits financiers adaptés aux besoins des producteurs, le développement de mécanismes d’assurance agricole tenant compte des réalités locales ainsi que la promotion des investissements dans les différentes chaînes de valeur agricoles.
À travers cette initiative, le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire ambitionne de rapprocher les institutions financières, les investisseurs et les producteurs autour d’une vision commune : faire de l’agriculture un véritable moteur de croissance économique, de création d’emplois et de souveraineté alimentaire en République démocratique du Congo.
Rédaction