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Groupe de presse La République

Beni : chassées de la forêt, les femmes pygmées transforment leur savoir-faire en espoir d’autonomie

Beni : chassées de la forêt, les femmes pygmées transforment leur savoir-faire en espoir d’autonomie

Contraintes de quitter la forêt, leur milieu de vie traditionnel, en raison de l’insécurité, des femmes pygmées tentent de reconstruire leur quotidien à Beni en misant sur l’apprentissage des métiers. Au campement de Kiprihani, elles se forment notamment à la confection des perles, des paniers et à la tresse des cheveux, avec l’ambition de générer leurs propres revenus.

À l’origine de cette initiative, le chef coutumier, son Altesse Mwami Achou Taibo, qui a mobilisé la communauté autour de solutions durables pour améliorer les conditions de vie des personnes déplacées.

« Là où vivaient les Pygmées, il n’y a plus de vie à cause de l’insécurité dans la forêt. […] Nous avons pensé à leur apprendre des métiers », explique-t-il.

L’objectif est de renforcer les capacités des bénéficiaires dans plusieurs domaines, notamment la fabrication de bracelets et de chaînes en perles, la vannerie et la coiffure. La coupe et la couture figurent également parmi les prochaines étapes envisagées.

Former pour reconstruire

La formation est assurée notamment par Sagesse Lwahiweka, responsable de l’entreprise SAG-Art. Selon elle, les apprenantes ont rapidement démontré leur capacité d’adaptation, malgré des moyens limités.

« Au début, nous étions 18 : des femmes, des filles et des enfants. […] J’ai fini avec 10 femmes pygmées. Elles sont intelligentes, elles se sont adaptées et elles ont aimé la pratique », témoigne-t-elle.

Mais pour franchir un nouveau cap, plusieurs défis restent à relever : disposer de davantage de formateurs, acquérir du matériel et aménager un espace de commercialisation des produits.

Le Mwami Achou Taibo insiste également sur la nécessité de créer un véritable débouché économique pour ces femmes : une boutique, des étalages, un espace approprié et, à terme, un salon de coiffure.

Des perles pour nourrir les familles

Pour Marie Adonita, mère de cinq enfants, cette formation représente bien plus qu’un simple apprentissage. Elle y voit une possibilité de subvenir progressivement aux besoins de sa famille.

« Ce métier va m’aider à avoir de l’argent pour mes besoins : la nourriture, l’habillement, les frais scolaires des enfants, les soins médicaux et leurs habits », confie-t-elle.

Même détermination chez Tabibi Anesi, qui entend vendre les produits qu’elle confectionne afin de prendre en charge la scolarité et les besoins essentiels de ses enfants.

« Je vais vendre mes perles et prendre soin de mes enfants : les scolariser, leur acheter des habits et des souliers », affirme-t-elle.

De la vulnérabilité à la résilience

Privées de leur environnement traditionnel et confrontées aux difficultés de la vie en ville, ces femmes tentent ainsi de transformer leur vulnérabilité en force. La formation professionnelle devient pour elles un moyen de retrouver progressivement leur autonomie économique et de redonner de l’espoir à leurs familles.

Avec un accompagnement accru en matériel, en formation et surtout en accès au marché, cette initiative pourrait permettre à ces femmes de passer de simples bénéficiaires d’une aide ponctuelle à véritables actrices de leur propre relèvement économique.

À Kiprihani, chaque perle fabriquée raconte ainsi une histoire de résilience, mais aussi l’espoir d’un nouveau départ.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Un projet exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération, DDC Suisse.

A travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, passant de simples observateurs ou rapporteurs à des véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.

Rédaction

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La République