Dialogue inclusif :Patrick Muyaya rappelle que « Le M23 n’a rien à voir avec le dialogue inclusif », réaffirme le Gouvernement
Le ministre de la Communication et Médias, également porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a réaffirmé que le mouvement rebelle M23 ne prendra pas part au dialogue national inclusif annoncé par le président de la République, Félix Tshisekedi. Il s’est exprimé lors du briefing hebdomadaire de ce mardi 28 juillet 2026 .
Selon Patrick Muyaya, ce dialogue est destiné exclusivement aux Congolais qui n’ont pas pris les armes contre leur pays. Il a insisté sur le fait que l’objectif de cette initiative présidentielle est de consolider l’unité nationale et de renforcer le front intérieur face à l’agression dont la RDC affirme être victime.
Le porte-parole du Gouvernement a rejeté les appels de certains acteurs politiques réclamant la participation du M23 au dialogue.
À ses yeux, intégrer cette rébellion reviendrait à confondre un processus de cohésion nationale avec les mécanismes diplomatiques déjà mis en place pour traiter le conflit dans l’Est du pays.
Patrick Muyaya a rappelé que la question du M23 est déjà prise en charge dans le cadre des processus de paix internationaux, notamment les discussions de Doha entre le Gouvernement congolais et l’AFC/M23, ainsi que les engagements diplomatiques conclus avec le Rwanda dans le cadre de l’accord de Washington. Il a souligné que le dialogue national annoncé par le chef de l’État est complémentaire à ces initiatives et ne les remplace pas.
Le ministre a également insisté sur le fait que le caractère « inclusif » du dialogue ne signifie pas une participation sans condition. Selon lui, les participants devront partager les mêmes valeurs de patriotisme, reconnaître l’intégrité territoriale de la RDC et condamner clairement l’agression attribuée au Rwanda. « L’inclusivité doit reposer sur notre patriotisme et notre engagement pour l’intégrité du territoire national », avait-il déjà expliqué lors d’un précédent briefing consacré aux contours de ce dialogue.
Pour le Gouvernement, les groupes armés ne peuvent donc pas être assimilés aux forces politiques et sociales appelées à prendre part au dialogue. Patrick Muyaya estime que le président Félix Tshisekedi entend réunir les Congolais autour d’un objectif commun : préserver la souveraineté du pays, renforcer la cohésion nationale et construire un consensus face aux défis sécuritaires.
Cette mise au point intervient alors que le débat sur les modalités du futur dialogue national continue d’animer la classe politique congolaise. Plusieurs voix de l’opposition plaident pour une participation plus large, tandis que le Gouvernement maintient que seuls les acteurs engagés dans une démarche républicaine pourront être conviés aux assises.
Aucune date officielle n’a encore été annoncée pour l’ouverture du dialogue. Les autorités ont indiqué qu’une ordonnance présidentielle précisera prochainement son organisation, ses modalités de participation et son fonctionnement.
Marasi Bénédicte Zoé