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RDC : Crise à l’ONAPAC, le Conseil d’Administration somme la Direction générale de justifier 11 millions de dollars américains

Après une semaine de grèves des agents et cadres dans plusieurs provinces, dont Kinshasa, pour plusieurs mois d’arriérés de salaire, le Conseil d’Administration de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC) s’est réuni le 6 Juin. Si cette démarche relève de sa mission régalienne de contrôle, la 2ᵉ session ordinaire 2026 a surtout braqué les projecteurs sur la Direction Générale, pointée du doigt pour mauvaise gestion.

Dans son mot d’ouverture, le Président du Conseil d’Administration (PCA) de l’ONAPAC, a réaffirmé l’attachement du Conseil aux principes de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance. L’ordre du jour a été dominé par deux points : (1) la crise salariale du personnel et (2) l’état opaque de l’exécution du budget 2025, avec les prévisions pour 2026.

Le rapport de mission de contrôle du Conseil révèle une nette dichotomie entre l’encaissement des recettes et le traitement du personnel selon le PCA, Me Muke Mukengeshayi Mutombo. Une situation qui a déjà provoqué des mouvements d’humeur dans plusieurs provinces, le dernier en date étant celui de la ville province de Kinshasa.

S’appuyant sur l’extrait du rapport, Me Mukengeshayi, a démontré que la mauvaise exécution du budget 2025 par la Direction de cette entreprise publique est à l’origine de la grogne sociale qui paralyse l’ONAPAC depuis des mois.

« En scrutant ce rapport, le Conseil d’administration va exiger de la Direction générale qu’elle justifie l’utilisation des recettes excédentaires de plus de 3.300.000 USD, ainsi que des 100% des recettes évaluées à plus de 7.800.000 USD. Soit un total de plus de 11 millions USD de recettes. Un montant qui contraste cruellement avec les impayés de salaire à la base de la grogne sociale actuelle », a-t-il martelé.

Tout en précisant que cette session s’inscrit dans le fonctionnement normal de l’établissement, le PCA a rappelé les rôles de chacun : « Le Conseil d’administration décide, la Direction générale exécute et gère au quotidien. Ensuite, le Conseil contrôle les actes de gestion et la Direction générale rend compte. C’est l’obligation de redevabilité. Il ne s’agit donc pas d’un conflit entre organes, mais du respect des textes légaux qui régissent cet établissement public ».

Concernant la situation du personnel, il a insisté : « Nous allons nous pencher avec une attention particulière sur la gestion du personnel, dans un contexte marqué par des tensions sociales persistantes. Nous examinerons aussi le rapport sur l’état d’exécution budgétaire présenté par la Direction générale ».

Absente de la salle, la Directrice Générale s’est fait représenter par son adjoint, conformément à la règle. Mais face à l’ampleur des griefs, le Conseil a suspendu l’analyse approfondie du rapport d’enquête jusqu’au retour de la DG. Séance tenante, le PCA a fixé la reprise au jeudi 11 juin 2026 pour la suite du dossier.

Thierry KAYANDI

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