Le visage de l’agriculture congolaise change de paradigme. Ce 11 février 2026, le Ministre d’État en charge de l’Agriculture, Muhindo Nzangi Butondo, a sonné le rassemblement général des agents de son administration. Au programme : une réforme structurelle ambitieuse visant à transformer le potentiel dormant de la RDC en un véritable moteur de croissance nationale.
Un front commun contre l’insécurité alimentaire
Fini le travail en silos. La nouvelle directive est claire : la collaboration doit être totale entre le pouvoir central et les provinces. Pour la première fois, les missions de terrain seront des « task-forces » intégrées, mêlant inspecteurs, techniciens et administratifs. Leur objectif ? Établir un diagnostic national sans complaisance pour réveiller un secteur longtemps resté sous-exploité.

L’innovation au cœur des territoires : Les CAPSA
Le fer de lance de cette réforme est la création des Centres d’Appui et de Production des Services Agricoles (CAPSA). Ces hubs provinciaux ne seront pas de simples bureaux, mais des plateformes technologiques complètes intégrant :
La production de semences améliorées ;
Des laboratoires d’analyse des sols et des services de météo agricole ;
La mise à disposition de fertilisants et la motorisation des cultures.
Sécurisation foncière : Le « verrou » de la rigueur
Le Ministre a instauré une condition non négociable : pas de construction sans titres fonciers. Chaque mission doit désormais identifier, géolocaliser et sécuriser des espaces de 2 000 à 3 000 hectares minimum. Cette rigueur administrative vise à protéger les investissements de l’État et à garantir la pérennité des centres de production.
Le « Big Four » de l’assiette congolaise
Pour atteindre l’autonomie alimentaire, le ministère a identifié quatre cultures stratégiques prioritaires :
Le Maïs
Le Riz
La Banane
Le Haricot
En parallèle, la RDC entend reprendre sa place de leader africain sur les cultures pérennes (café, cacao, palmier à huile) pour booster ses exportations.
Fin de l’anarchie et place aux coopératives
Muhindo Nzangi a également sifflé la fin des interventions dispersées. Désormais, tout projet agricole devra être coordonné avec le Ministère et les inspecteurs provinciaux.
« L’agriculture est une compétence décentralisée. Les Gouverneurs seront les chefs de file de cette transformation en provinces », a rappelé le Ministre d’État.

Enfin, pour que l’aide arrive réellement au paysan, un Registre National des Agriculteurs sera créé. L’accent est mis sur la professionnalisation : les aides (semences, outils, engrais) seront prioritairement orientées vers les coopératives productives plutôt que vers des exploitants isolés.
Notons que ce plan marque une rupture avec les politiques passées en liant étroitement l’expertise technique à la rigueur foncière. Le succès de cette réforme dépendra désormais de la rapidité de déploiement des CAPSA sur le terrain.
Par Valéry Mukosasenge
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