Une onde de choc traverse l’appareil sécuritaire de la République Démocratique du Congo. Un document officiel classé « URGENT », portant les cachets de réception de l’État-Major Général, a fuité sur les réseaux sociaux. Cette note, répertoriée sous image.png, redéfinit de manière radicale la chaîne de commandement à l’Est du pays.
Datée du 5 juin 2026, la note officielle N°VPM/MDNAC/CAB/3072/2026 émane directement du cabinet de Me Guy Kabombo Muadiamvita, Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense Nationale et Anciens Combattants. Adressée sans détour au Chef d’État-Major Général des FARDC, elle transmet les ordres stricts du Commandant Suprême des Forces Armées, le Chef de l’État. L’objet est on ne peut plus clair : « Signalement », avec pour référence l’Ordonnance N°21/016 du 3 mai 2021 portant mesures d’application de l’état de siège.
Le document officiel, visible sur image.png, détaille une injonction impérative articulée autour de trois points stratégiques :
- Le retour au commandement unique : Le Gouverneur Militaire du Nord-Kivu est sommé de reprendre immédiatement la conduite globale de toutes les opérations militaires sur l’ensemble du territoire provincial.
- La mise en œuvre immédiate : L’État-Major Général est instruit de prendre toutes les dispositions nécessaires pour matérialiser cette directive sans délai.
- Un ordre non négociable : La note se conclut par une formule qui résonne comme un ultimatum : « EXÉCUTION SANS FAILLE ».
Cette réorganisation intervient dans un contexte sécuritaire hyper-tendu au Nord-Kivu, où la coordination des forces sur le terrain s’avère plus que jamais cruciale pour restaurer la paix.
Vers un tournant dans la gouvernance de l’état de siège ?
Cette fuite met en lumière la volonté des plus hautes autorités de Kinshasa de centraliser et de muscler le commandement opérationnel au Nord-Kivu. En replaçant le Gouverneur Militaire au centre de l’échiquier, le pouvoir central cherche manifestement à éliminer les lourdeurs et les parallélismes de commandement qui plombaient l’efficacité des troupes.
Reste à voir comment cette « exécution sans faille » se traduira concrètement sur les lignes de front face aux groupes armés qui endeuillent la région.
Par Valéry Mukosasenge