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SÉNAT RDC : Le ministre d’État Muhindo Nzangi défend avec clarté la stratégie de la « revanche du sol sur le sous-sol »

Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a poursuivi ce lundi 25 mai 2026 son intervention devant le Sénat de la République dans le cadre de la question orale avec débat initiée par le sénateur Willy Itsundala Asang sur la politique agricole nationale.

Durant plusieurs heures d’échanges, le ministre d’État a apporté des réponses détaillées aux préoccupations soulevées par les sénateurs, démontrant sa maîtrise des enjeux agricoles de la République démocratique du Congo.

Prenant la parole devant l’auguste assemblée, il a rappelé son attachement au principe de redevabilité républicaine :

« Honorables Sénateurs, je rends compte de la promesse faite devant cette auguste Assemblée. J’ai l’avantage de revenir à cet hémicycle pour apporter des éclaircissements sur les préoccupations soulevées lors de ma précédente prestation du 21 mai 2026. »

Après analyse des différentes préoccupations exprimées par les sénateurs, cinq grandes thématiques ont structuré son intervention :

La cohérence de la politique agricole ;

Le financement du secteur agricole ;

La campagne agricole 2025-2026 ;

La vulgarisation agricole ;

Les questions spécifiques soulevées par les sénateurs.

Le ministre d’État a expliqué que la stratégie gouvernementale de la « revanche du sol sur le sous-sol », portée par le président de la République, s’inscrit dans le cinquième pilier du programme du Gouvernement consacré à la production agricole et à la souveraineté alimentaire.

Selon le patron de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, cette vision vise à repositionner l’agriculture comme principal moteur de développement, de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté.

« Pour les différentes missions élaborées pour chaque ministère, il a été clairement défini que la mission principale de l’agriculture repose sur l’ensemble des 26 provinces du pays », a-t-il souligné.

Le ministre d’État a présenté une méthodologie axée sur une « révolution agricole agressive », orientée vers les résultats et l’efficacité sur le terrain, avec une approche consistant à capitaliser les efforts des différents acteurs du secteur agricole, notamment les autorités locales.

Pour concrétiser cette vision, le Gouvernement a articulé sa stratégie autour de quatre axes majeurs :

Le développement de la filière semencière à travers l’installation et la réhabilitation des CAAPSA ;

La promotion de la mécanisation agricole ;

La promotion des fertilisants et des pesticides ;

La relance des cultures vivrières de base.

Le ministre d’État a également annoncé que la RDC s’est dotée d’une nouvelle loi semencière destinée à renforcer durablement la production agricole nationale.

S’agissant du financement du secteur agricole, il a précisé que le ministère bénéficie à la fois de ressources internes et externes.

Abordant la question du Fonds national de développement agricole (FONADA), il a reconnu que ce mécanisme n’est pas encore opérationnel. Il a toutefois révélé qu’un arrangement est en cours entre les ministères de l’Agriculture, des Mines et des Finances afin de permettre au secteur minier de contribuer au financement de l’agriculture, conformément au Code minier.

Concernant le financement des entreprises agricoles, le ministre d’État a annoncé l’organisation prochaine, du 2 au 3 juin à Kinshasa et Lubumbashi, d’échanges destinés à renforcer les mécanismes d’appui au secteur.
Il a également rappelé que, conformément à l’Accord de Maputo, les trois ministères composant le secteur agricole Agriculture, Développement rural, ainsi que Pêche et Élevage devraient bénéficier de 10 % du budget national. Cependant, dans la loi de finances 2026, ces secteurs ne représentent actuellement que 5,5 % du budget national.
Face à cette situation, il a lancé un appel aux sénateurs :

« Chers Sénateurs sensibles à l’agriculture, veillez à l’augmentation du budget du secteur agricole. »

Concernant l’organisation de la campagne agricole 2025-2026, le ministre d’État a indiqué que la sécurité alimentaire des populations congolaises ainsi que la réduction des importations des produits alimentaires de base, notamment le maïs et le riz, figurent parmi les priorités du Gouvernement.

Il a rappelé que depuis 2023, le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a déjà organisé trois campagnes agricoles, dont les détails ont été remis aux sénateurs.

Selon lui, l’organisation de la campagne agricole repose sur plusieurs étapes essentielles :

La mise en place des comités de distribution des intrants ;

La planification ;

L’acquisition des semences et des engrais ;
Les missions de sensibilisation des agriculteurs.

Le ministre d’État Muhindo Nzangi a particulièrement insisté sur l’importance des fertilisants dans l’amélioration des rendements agricoles.

Sur la question de la mécanisation agricole, il a déclaré :

« La RDC a besoin de milliers de tracteurs pour assurer la mécanisation de son agriculture. »
Évoquant la production agricole, il a indiqué que l’État entend progressivement se désengager de la production directe afin de privilégier l’accompagnement du secteur privé.
Revenant sur les expériences passées, il a notamment cité le cas du parc agro-industriel de Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo :

« Le projet du parc agro-industriel avait été conçu pour moderniser l’agriculture et créer de l’emploi dans la province du Kwango.
Malheureusement, il a davantage servi des intérêts privés. J’ai envoyé des missions sur place : une grande partie des équipements a été volée. Le parc est géré par le Portefeuille, mais je suis en pourparlers avec mon collègue afin que cet espace soit récupéré et utilisé au bénéfice de la population. »

À l’issue des échanges, plusieurs sénateurs ont salué la pertinence des réponses apportées par le ministre d’État ainsi que sa maîtrise du secteur agricole.

L’initiateur de la question orale avec débat a reconnu en Muhindo Nzangi l’un des rares ministres proches de la population et régulièrement présents sur le terrain.

Les sénateurs ont également formulé plusieurs recommandations, notamment :

L’organisation régulière des missions de suivi des activités agricoles dans les provinces ;

Le renforcement des exonérations sur les intrants agricoles ;

L’intégration des universités à caractère agricole parmi les bénéficiaires des intrants ;
Une répartition équitable des intrants entre les provinces ;

L’évaluation des performances du projet PNDA.
À travers cette intervention saluée par la Chambre haute du Parlement, le ministre d’État Muhindo Nzangi a réaffirmé la volonté du Gouvernement de faire de l’agriculture un véritable levier de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de transformation économique de la République démocratique du Congo.

Rédaction

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