Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, les déplacements massifs de populations et la précarisation des conditions de vie dans plusieurs provinces de l’Est de la République démocratique du Congo, le Gouvernement congolais a pris une mesure à forte portée sociale et humanitaire en ordonnant le paiement intégral et sans interruption des salaires des agents des entreprises du Portefeuille de l’État affectés dans les zones de conflit.
Cette décision est contenue dans une instruction officielle signée le 8 janvier 2026 par la ministre du Portefeuille, Julie Mbuyi Shiku, adressée aux Directeurs généraux de l’ensemble des entreprises publiques du pays.
Le Gouvernement rappelle que les agents des entreprises publiques figurent parmi les populations les plus exposées aux conséquences du conflit : déplacements forcés, perte des moyens de subsistance, difficultés d’accès à la nourriture, aux soins de santé et à l’éducation des enfants.
Pour l’exécutif, le salaire demeure souvent la seule source de survie pour des milliers de familles, et sa suspension ne ferait qu’aggraver la crise humanitaire déjà alarmante dans l’Est du pays.
Le ministère du Portefeuille insiste sur le fait que le versement régulier des salaires n’est pas uniquement une obligation administrative, mais également un devoir moral et un droit humain fondamental.
La ministre a précisé qu’aucune contrainte sécuritaire ou logistique ne peut, justifier la privation des travailleurs de leurs moyens de subsistance, au risque de porter atteinte à leur dignité et à leur droit à une vie décente.
Conscient des difficultés d’accès aux zones touchées par les violences armées, le Gouvernement exige la mise en place urgente de mécanismes de paiement alternatifs, notamment à travers les systèmes bancaires locaux, les caisses de proximité et les solutions de paiement numérique et mobile.
Cette décision est un ouf de soulagement pour plusieurs travailleurs des entreprises publiques privés depuis plusieurs mois de leurs salaires.
« Nous ne travaillons pas depuis plusieurs mois maintenant, Sans salaire, nous n’avons plus rien. Même acheter du savon ou des cahiers pour les enfants devient un luxe. » laisse entendre un responsable de famille rencontré à Goma.
Pour de nombreux travailleurs, le paiement des arriérés de salaires représente bien plus qu’une mesure administrative :
« Le salaire, c’est notre dignité. Quand il n’y a rien, on se sent abandonnés par l’État. On a été contraint de tout laisser derrière nous sans salaire, la survie est impossible », confie un autre agent basé à Beni.
signalons que les Directeurs Généraux des entreprises publiques sont appelés à s’impliquer personnellement afin de garantir l’application effective de cette mesure sociale. Ils devront prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la continuité des paiements et rendre compte régulièrement au ministère du Portefeuille.
Les Conseils d’administration, quant à eux, sont invités à jouer pleinement leur rôle de contrôle pour prévenir toute violation des droits des travailleurs.
Marasi Bénédicte Zoé
Similaire
En savoir plus sur Groupe de presse La République
Subscribe to get the latest posts sent to your email.