Goma – Quatre années de gestion, des millions de dollars collectés auprès des étudiants, mais des résultats quasiment invisibles. À l’Institut Supérieur de Commerce de Goma (ISC-Goma), la grogne monte et les interrogations se multiplient autour de l’utilisation des frais académiques versés par les apprenants.
En moyenne, chaque étudiant paie près de 450 dollars américains par an. Avec un effectif estimé à environ 4 000 étudiants, l’ISC-Goma encaisserait près de 1,8 million de dollars par année. Sur une période de quatre ans, ce montant atteint environ 7,2 millions de dollars américains. Une somme colossale pour un établissement public de l’enseignement supérieur.
Pourtant, sur le terrain, le constat est amer. Aucune infrastructure majeure n’a vu le jour :
– aucun nouvel auditoire construit,
– aucune réhabilitation significative des bâtiments existants,
– des salaires versés de manière irrégulière aux agents,
– une absence quasi totale d’enseignants visiteurs, pourtant essentiels à la qualité de l’enseignement.
Depuis l’entrée du M23 dans la ville de Goma, la direction de l’ISC-Goma est assurée par le Professeur Jaribu Muliwavyo, en poste depuis une année comme directeur général. Toutefois, ce dernier a également occupé, durant l’ensemble des quatre années mises en cause, le poste stratégique de Secrétaire général académique, ce qui le place au cœur de la gestion académique et administrative de l’institution.
Le bilan dressé par des agents et observateurs internes est particulièrement sévère. À l’actif de la direction, ils ne relèvent que de simples travaux de peinture sur le bâtiment administratif, qui, de surcroît, appartient au secteur de l’EPSP. En revanche, les griefs sont nombreux :
– six mois d’arriérés de salaires pour plusieurs agents,
– de fortes suspicions de mauvaise gestion financière,
– une administration accusée de privilégier les discours au détriment des actions concrètes,
– des démarches politiques controversées auprès des autorités du M23, visant un éventuel positionnement au sein du Comité de gestion de l’UNIGOM,
– et une menace de grève brandie par les agents pour exiger le paiement de leurs rémunérations.
Dans un contexte déjà marqué par l’instabilité sécuritaire et institutionnelle à Goma, la situation de l’ISC-Goma apparaît comme un symbole préoccupant de la crise de gouvernance dans certains établissements publics.
Au cœur de toutes les discussions, une question demeure sans réponse claire et continue de hanter étudiants, agents et parents :
où sont passés les millions de dollars versés par les étudiants de l’ISC-Goma au cours de ces quatre dernières années ?
Une interrogation qui appelle, plus que jamais, à la transparence, à un audit indépendant et à des réponses publiques de la part des responsables concernés.
Rédaction
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