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Groupe de presse La République

Kabila et la rébellion : et si l’histoire avait commencé bien avant Bunagana ? (Éditorial)

Kabila et la rébellion : et si l’histoire avait commencé bien avant Bunagana ? (Éditorial)

Chers analystes et membres de l’armée numérique du mal de ce pays, cessons de travestir les faits au gré de nos intérêts politiques !
Joseph Kabila n’a pas simplement rejoint la rébellion, comme certains le prétendent aujourd’hui. Selon ma lecture des événements, il s’agirait plutôt d’une réorganisation d’une dynamique qu’il aurait lui-même contribué à mettre en place.

Autrement dit, Kabila ne serait pas arrivé en cours de route : il aurait été, depuis le début, l’homme derrière cette rébellion, bien avant les condamnations, les accusations de pillage de ses biens et tout le discours politique qui a suivi.

Depuis la prise de Bunagana le 13 juin 2022, Kabila était-il réellement un simple spectateur de cette crise ? C’est la question que beaucoup semblent éviter, alors qu’elle mérite d’être posée sans détour.

Je me souviens d’une scène qui m’a particulièrement marqué. En 2021 donc avant la prise de Bunagana, à la Maison des vieillards, au niveau du CCLK, à Goma, l’ancienne Première dame, Olive Lembe Kabila, s’adressant à nous, journalistes, avait désigné le portrait de Joseph Kabila dessiné sur un mur de cet établissement avant de tenir, selon mon souvenir, les propos suivants :
« David ata ongoza tena iyi inchi, kukuwe ma élections ao apana, ata ongoza ! »

En substance, elle laissait entendre que David le surnom qu’elle donnait à son époux, dans une allusion au combat biblique entre David et Goliath, reviendrait aux affaires et dirigerait le pays, avec ou sans élections.
Cette déclaration, telle que je m’en souviens, prend aujourd’hui une résonance particulière au regard de l’évolution de la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo.

Faut-il y voir une simple conviction politique de l’époque ou l’expression d’une ambition qui n’a jamais véritablement disparu ? La question reste ouverte. Mais cette mémoire mérite d’être confrontée aux faits, aux déclarations publiques et à l’évolution des événements.

Le véritable danger, dans cette crise, est de réécrire l’histoire au gré des circonstances et des intérêts de chacun. On ne peut pas ignorer les événements d’hier pour ne commenter que ceux d’aujourd’hui, ni prétendre découvrir des réalités dont certains indices méritaient déjà d’être examinés depuis longtemps.

Cependant, Joseph Kabila semble peut-être sous-estimer la force de son adversaire. Car, au-delà des calculs politiques et des stratégies de reconquête du pouvoir, il y a un peuple, un gouvernement, une armée et les Wazalendo qui constituent des acteurs incontournables de cette équation.

L’histoire politique de la RDC nous enseigne une chose : aucun homme, aussi puissant soit-il, ne peut prétendre décider seul de l’avenir d’une nation.

Les faits doivent parler plus fort que les propagandes. Et la vérité ne doit jamais être sacrifiée sur l’autel des intérêts politiques.

Valéry Mukosasenge

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