Victimes des conflits à Beni : le FONAREV passe de l’engagement à l’action
Une délégation du Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), conduite par son directeur général, Patrick Fata Makunga, séjourne à Beni depuis le mercredi 12 août 2026. Cette mission vise à évaluer la mise en œuvre des projets de réparation et d’accompagnement destinés aux victimes des conflits armés et aux communautés affectées dans cette partie du Nord-Kivu.
Arrivée à Beni dans le cadre d’une mission d’itinérance, la délégation du FONAREV a été reçue au gouvernorat de province par le vice-gouverneur, le commissaire Louis-Second Karawa, ainsi que par les membres du Conseil provincial de sécurité. Les échanges ont notamment porté sur les programmes de réparation globale déployés dans la province et sur les besoins prioritaires des populations affectées par les violences.

Selon Patrick Fata Makunga, cette mission permet au FONAREV de faire le point sur l’état d’avancement des différents projets financés au profit des victimes et des communautés de Beni, particulièrement celles affectées par les massacres attribués aux combattants ADF.
Des équipements médicaux pour les victimes
Sur le terrain, la délégation s’est rendue à l’Hôpital général de référence de Beni, où elle a procédé à la remise d’équipements destinés à la salle d’accouchement réhabilitée, ainsi que de kits de santé sexuelle et reproductive.
Le FONAREV a également remis une ambulance médicalisée destinée à l’Hôpital général de référence d’Oicha. Cet équipement doit contribuer à améliorer l’évacuation et la prise en charge des patients nécessitant des soins urgents.

« Ces actions font partie des mesures provisoires urgentes que nous mettons en œuvre. À Beni, l’identification formelle des victimes n’a pas encore été achevée, mais les besoins sont là et la situation demeure urgente », a expliqué Patrick Fata Makunga.
Le directeur général du FONAREV a rassuré les victimes sur l’engagement de l’État à leurs côtés.
« L’État ne vous a pas oubliées. FONAREV est la manifestation de la volonté politique exprimée au plus haut niveau », a-t-il déclaré, soulignant que l’objectif est d’apporter une assistance aux victimes de violences sexuelles liées aux conflits et, plus largement, aux victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité.
Au nom du personnel soignant de l’Hôpital général de référence de Beni, le médecin directeur, Dr Jérémie Muhindo, a salué cet appui. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une utilisation rationnelle et responsable de l’ambulance, exclusivement au bénéfice de la communauté.

À Oicha, le médecin directeur de l’hôpital, Dr Kasereka Nzala Esaï, a rappelé que son établissement constitue un important centre de prise en charge des populations déplacées et des victimes des violences. Il a notamment évoqué la prise en charge de blessés par armes à feu et de survivantes de violences sexuelles.
Des infrastructures pour les communautés affectées
Après les interventions dans le secteur sanitaire, la délégation du FONAREV a poursuivi sa mission par l’inspection de plusieurs infrastructures financées dans le cadre des réparations collectives.
Elle s’est notamment rendue sur le chantier de l’école primaire Mapendano, située dans le quartier Kanzuli. La construction de cette infrastructure s’inscrit dans le programme de réparations collectives destiné à renforcer l’accès des communautés affectées aux services sociaux de base.
La délégation a ensuite visité le chantier du marché communautaire de Kamaibo, à Ngongoli, dans la commune de Mulekera. Construit selon les normes prévues, ce marché devrait offrir un espace d’activités économiques aux femmes victimes ayant bénéficié de kits destinés aux activités génératrices de revenus.

La mission s’est également poursuivie dans différents centres d’encadrement psychosocial où sont accompagnées des personnes affectées par les conflits armés.
Un bureau du FONAREV bientôt installé à Beni
Au terme de ces différentes visites, Patrick Fata Makunga a annoncé l’installation prochaine d’un bureau du FONAREV à Beni. Cette présence permanente devrait permettre au Fonds de renforcer le suivi de proximité des victimes et d’améliorer la coordination de ses interventions dans la région.
La mission permet également au FONAREV d’évaluer les activités du programme conjoint mis en œuvre avec cinq agences des Nations unies et une trentaine d’organisations locales. Ce programme couvre notamment la prise en charge médicale multi sectorielle, l’accompagnement juridique et judiciaire ainsi que le relèvement socio-économique des victimes.

À travers cette mission, le FONAREV entend ainsi rapprocher les mécanismes de réparation des communautés affectées par les violences et traduire concrètement l’engagement de l’État congolais en faveur des victimes des conflits armé.
Valéry Mukosasenge