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Masisi : voici les vraies raisons de la barricade de la route Goma-Sake par les ex-combattants

C’est depuis le matin de ce dimanche 2 janvier que la RN2 est barricadée par les ex-combattants au niveau de Mubambiro, dans le Groupement Kamuronza en chefferie des Bahunde.

À la cause, le décès la nuit du samedi 1er janvier de l’un d’eux suite aux conditions de vie précaires qu’ils mènent dans le centre de cantonnement de Mubambiro. Ils reprochent également au gouvernement de leur promettre pendant 4 ans la vie civile non réalisée jusqu’à ce jour.

Pour Kanefu Sadoke, ex-milicien et secrétaire du centre de cantonnement de Mubambiro, les autorités tant provinciales que nationales n’arrivent pas à honorer leurs multiples promesses, c’est ainsi qu’ils ont décidé de barricader la route pour faire entendre leur voix.

«Nous bloquons la route pas pour menacer la population ou intimider les autorités, mais plutôt parce que le gouvernement n’arrive pas à honorer ses promesses, monsieur le journaliste, hier l’un des nôtres est décédé à cause des conditions de vie difficiles que nous traversons, on ne sait plus à qui s’adresser pour trouver solution à notre calvaire, nous avons beaucoup traînés ici, par exemple moi, je viens de réaliser 4 ans dans ce centre» s’indigne cet ex-combattant.

Et de poursuivre

«Même le président de la République, Félix Tshisekedi, était arrivé à notre centre, il avait observé les conditions inhumaines dans lesquelles nous étions et nous avait promis qu’il ne se passera pas deux ou trois mois sans qu’une solution adéquate ne soit trouvée, il nous avait garanti que nous serons intégrés dans la vie civile pour revenir plus tard dans l’armée si on le souhaite, il y a deux ans de cela, nous continuerons à patienter jusqu’à ce jour mais là, on ne peut plus, la souffrance a dépassé les limites»

Celui-ci affirme que pour survivre «ils sont obligés de se transformer en esclaves de la population locale, pour un travail qui reviendrait à 15.000Fc, nous le travaillons pour 1500 ou 2000Fc, pourvu qu’on trouve un petit rien à mettre sous la dent»,dit-il.

Plusieurs ex-miliciens venus de divers groupes armés sont cantonnés au centre de Mubambiro en attendant leur intégration dans la vie civile par le gouvernement à travers son programme de Démobilisation, désarmement, relèvement communautaire et stabilisation (DDRCS)

Jérémie Kabali depuis Sake.